Bien sûr, il s’agit également d’un smartphone à part entière, sous Symbian Belle avec tous ses avantages et ses défauts. Nous vous proposons aujourd’hui de rentrer dans les entrailles du 808 pour en découvrir tous les aspects. Est-ce un bon smartphone ? Est-ce un bon photo-phone ? 

Article co-écrit :

  • Axel (vidéo de test, 1ère partie, photos),
  • François-Nicolas @fneuf (analyse photo & vidéo, 2nde partie du test).
 

Note sur le test : ce test est organisé de façon particulière, une vidéo longue pour l’intégralité du terminal dont les parties purement smartphone et une analyse complète écrite (et visuelle) pour la partie photo et vidéo. Utilisez le sommaire interactif de la vidéo pour vous déplacer dans le test. D’autre part, oui, ce test est très (très) en retard, mais l’analyse photo et vidéo en vaut vraiment la peine.

 

Test vidéo du Nokia 808 PureView

Test vidéo réalisé par Axel, sous Belle FP1 (mise à jour FP2 depuis disponible, voir notre prise en main du 808 sous FP2 ici). L’opinion donné ici sur les parties photo et vidéo peut différer des informations contenues dans l’analyse écrite (deux rédacteurs, deux points de vue).

La vidéo ne s’affiche pas ? Voir la vidéo sur Youtube ici

 

Spécifications

Nokia 808 PureView

Système d’exploitation Nokia Belle (FP2 depuis une récente mise à jour)
Taille écran 4″ 360×640 capacitif multitouch, CBD
Connectivité

3G+ HSDPA GSM quadribande

Mémoire 16Go de mémoire interne, microSD jusqu’à 32Go
RAM 512Mo
Processeur ARM11 1.3GHz, single core
Appareil photo 41 mégapixels (théoriques), autofocus, flash Xenon, filme en 1080p (plus de détails sur les spécifications photo/vidéo dans la partie dédiée)
GPS ? Oui, A-GPS
WiFi ? Oui, b/g/n
Bluetooth ? Oui, Bluetooth 2.1 A2DP, EDR
Connectique micro USB, jack 3.5mm
Poids 169g
Dimensions 123.9 x 60.2 x 13.9 mm
Autonomie annoncée

6h50 annoncées en discussion, 540h annoncées en veille

Batterie 1400mAh 

Prix Environ 530€, voir offre chez Expansys
Disponibilité Juin 2012

 

Photos, design, prise en main

Contenu de la boîte : notices, l’appareil, la batterie, chargeur, écouteurs intra-auriculaires, câble USB / micro USB et dragonne. Le contenu n’a rien à voir avec ce qu’on avait pu trouver dans la boite du N8. Dommage.

Un design plutôt sobre, qui rappelle les premiers terminaux Symbian tactiles, retour en arrière ?

 

Au dessus de l’appareil, jack 3.5mm, port micro USB et micro HDMI (derrière un cache)

 

Une sacrée bosse, la bosse de la photo, il faut aimer, mais à l’utilisation ce n’est pas dérangeant

 

Gros bouton pour la prise de photo, bouton de déverrouillage/verrouillage et touches de volume (+ zoom)

 

Vous cherchiez un champion de la photo ? Le voici, et ça se voit.

 

Non fourni dans la boîte, l’accessoire officiel qui permet de connecter son mobile à un trepied

 

D’excellentes finitions pour ce 808, l’appareil est compact, les touches sont bien placées,  il est simplement un peu lourd (169g)

 

Comparé au N8

 

 

Test complet des fonctions photo et vidéo

Avant-propos

L’originalité cachée derrière la dénomination PureView doit autant à la partie matérielle (capteur, optique, circuits de traitements) qu’à la partie logicielle (algorithmes de traitement de l’image). Et c’est là toute l’ironie : limiter cet appareil au seul chiffre de 41 MégaPixels est réducteur… bien qu’il intègre le capteur à la plus haute définition du marché, tous types d’appareils photographiques confondus. Seuls quelques très rares et très spécifiques appareils dépassent ces 41 MégaPixels (notamment certains dos numériques …).

Si le 808 est devenu réalité c’est avant tout grâce aux efforts conjugués des partenaires de Nokia, sans qui l’industrialisation serait restée impossible : Carl Zeiss pour l’optique, Toshiba pour le capteur CMOS, Analog Digital et Broadcom pour les circuits de traitements de l’image et leurs algorithmes dédiés, concoctés par l’équipe Nokia Imaging Experience. Tous ont dû développer des éléments spécifiques pour le 808 PureView, selon les desiderata de Nokia.

L’exigence fondatrice dans la création du 808 est la recherche des avantages du zoom (versatilité du cadrage) sans ses inconvénients (imperfections optiques, encombrement, fragilité, bruit, lenteur…). La solution imaginée par Nokia propose en théorie d’autres bénéfices :

  • Zoom : émuler un zoom optique (sans perte de qualité),
  • Souplesse de cadrage : pouvoir recadrer une image a posteriori de la prise de vue (en profitant de la très haute définition),
  • Haute qualité : produire des images de définition « standard », mais de meilleure qualité (en profitant de la profusion de pixels pour suréchantillonner, améliorer le traitement du bruit numérique, …),

A cette liste j’ajoute une 4ème possibilité, un tantinet plus… officieuse :

  • Briller en société : présenter une photo prise en 38MP et zoomer, zoomer dedans pour révéler un minuscule détail vous permettra de surprendre vos hôtes lors des cocktails mondains. Si vous êtes capable d’enchaîner en plaçant une citation de Kafka, votre avenir sera tracé ! Nul doute que PureView va progressivement remplacer les Ferrero dans les réceptions de l’ambassadeur.

Pour de plus amples détails sur la technologie mise en œuvre, ses implications et la genèse de l’appareil, je vous invite vivement à lire ou relire mes précédents articles : le baroud d’honneur de Symbian et la capture vidéo haute vitesse. Par respect envers nos fidèles lecteurs la plupart des points qui y sont discutés ne seront pas répétés ici.

 

Spécifications Techniques Photo/Vidéo

  • Optique
    • Construction : 5 lentilles fixes asphériques à haut indice de réfraction et faible dispersion (matériaux et traitements de surface qui visent à limiter les aberrations chromatiques),
    • Procédé d’obtention : pressage
    • Ouverture : f/2.4
    • Longueur Focale : 8,02mm (équivalence 24×36 : 26mm [en 16:9], 28mm [en 4:3])
    • Plage de mise au point : 15 cm à l’infini
    • Obturateur : mécanique
    • Filtre de densité neutre (débrayable)
  • Capteur
    • Technologie : CMOS
    • Format : 1/1.2”
    • Surface : 85,36mm² (10,67 x 8mm soit 13,33mm de diagonale)
    • Définition
      • Totale : 7728 x 5368 (soit environ 41,5 MégaPixels)
        • Taille réelle des photosites : 1,4 µm
      • Utile maximale : 7152 x 5368 en 4:3 (soit environ 38,4 MégaPixels)
      • Standard (mode PureView) : 2560x 1920 en 4:3 (soit 5 MégaPixels)
        • Taille virtuelle des photosites dans ce mode : 3,91 µm (cf. précédent article)

 

Ergonomie et prise en main

Générale

Appareil en main une sensation domine. Le poids. Avec 169g il fait partie des poids lourds de la catégorie. Une caractéristique qui apparait d’abord comme un désavantage, mais qui peut également être un atout. Ce poids permet une meilleure stabilisation de l’appareil par l’utilisateur. Il est plus souvent difficile de manier un objet très léger sans trembler, qu’un objet un peu plus « charnu ». C’est un des intérêts du format des reflex face aux appareils compacts (sans oublier que le viseur optique d’un reflex permet de le porter contre son visage, ce qui ajoute un 3ème point de contact très stable aux 2 mains).

Cette première impression de lourdeur est complétée par sa texture, son toucher. Et là le feeling progresse. C’est un appareil à la finition réussie, dont la prise en main est agréable. Le placement des différentes parties de la coque est très bien exécuté, les pièces sont ajustées avec soin (par exemple les écartements sont continus). Une forte impression de robustesse s’en dégage. N’en déplaise à Axel qui réussit à fendiller l’écran de son modèle de prêt (contrairement à l’idée reçue le traitement Gorilla Glass ne protège pas contre les chocs, cf. le test vidéo), mon exemplaire de test a subi plusieurs chutes sans coup férir. J’ai notamment en mémoire une chute de presque 1,9m lors d’une prise de vue « acrobatique »… Du 808 et de moi, je suis le seul à en avoir gardé le souvenir !

 

Pour l’usage photographique et vidéo

En utilisation photographique 2 reproches sont à formuler sur l’ergonomie de l’appareil :

  • sur sa forme

Le 808 présente des formes toutes en courbes qui contribuent à une prise en main naturelle en utilisation « smartphone ». Mais ces courbes compliquent l’utilisation « photographique ». Si, comme moi, vous êtes adepte du « ghetto steadycam » : vous avez tendance à profiter des surfaces à votre disposition, arbres, pierres, bancs, coins de murs, … pour plaquer et stabiliser votre appareil lors de prises d’images, le 808 ne vous facilitera pas la tâche. Les formes de sa tranche rendent plus difficile la mise en œuvre de ces astuces,

  • sur son déclencheur

Sa présence est indispensable sur tout appareil qui se veux sérieux et ici son positionnement le fait naturellement tomber sous l’index. Second bon point ce déclencheur est à 2 étages. Le 1er étage est dévolu à la mise au point (le verrouillage AE/AF) et le 2nd déclenche. C’est une habitude chez Nokia, mais c’est encore trop rare sur les smartphones. Ce premier bilan positif est entaché par l’étrange course de ce bouton. Elle est orientée vers « l’intérieur de l’appareil » : lorsque l’on appuie dessus son positionnement et sa course obligent à faire basculer le doigt. Il est pratiquement impossible d’aller en bout de course de ce bouton par un geste uniquement vertical, ce qui complique son utilisation. De plus, son « 2ème étage » n’est pas assez franc. Autant il est facile de savoir au toucher que le focus a bien été demandé, autant dans certaines circonstances (et notamment pour les cadrages catégorie « acrobatique ») je n’étais pas toujours sûr d’avoir réellement déclenché. Il faut véritablement forcer le geste pour être certain d’avoir pris la photo.

En utilisation vidéo 1 seul reproche porte sur l’ergonomie de l’appareil :

  • sur le placement des microphones

Les deux micros responsables de l’enregistrement du son sont placés sur la tranche, à droite et à gauche du 808 (lorsqu’il est orienté façon « paysage »). Ceci a l’avantage d’assurer une bonne image stéréo (la restitution du placement des sources sonores dans l’espace) mais contraint la prise en main de l’appareil. Lors de l’enregistrement, les majeurs viennent naturellement se placer à proximité des micros. Parfois ce sont mêmes les paumes qui viennent entourer les cotés de l’appareil, ce qui obstrue irrémédiablement les micros. Le verdict est sans appel : de simples bruits parasites dus au frottement des doigts sur la coque, jusqu’aux atténuations et coupures brusques des canaux. Manipuler le 808 force à l’acquisition d’un nouveau réflexe : penser aux placements de ses mains lors des prises de vidéos.

 

Interface et fonctionnalités

Application photo

L’écran tactile concentre l’ensemble des fonctionnalités des interfaces utilisateurs photographiques et vidéos. Seules deux commandes sont disponible physiquement : la commande du zoom et le déclencheur, toutes deux accessibles via des boutons sur la tranche « haute » de l’appareil.

L’application comporte trois modes :

  • Automatique : mode minimaliste où la quasi-totalité des réglages sont gérés par l’appareil (et définis à 5MP, 16:9, jpeg standard, vif),
  • Scène : plusieurs paramétrages adaptés à différentes situations de prise de vue (Macro, Neige, Nuit, Paysage, Portrait, Portrait de Nuit, Sport). Ce dernier utilisera par exemple une mise au point hyperfocale (un maximum d’objets seront nets) pour faire gagner du temps en évitant d’avoir à faire la mise au point et permettre de capturer le « juste moment »,
  • Créatif : mode qui libère le potentiel de l’appareil et propose de nombreux réglages manuels.

L’organisation des commandes à l’écran est claire. A l’usage, les réglages proposés par chaque mode concordent avec leur définition. L’interface est très simple dans les modes « Automatique » et « Scènes » et se libère en mode « Créatif ». Après quelques jours d’utilisation on est chez soi, il est très rapide de modifier un réglage. A ce jour c’est une des interfaces les plus intuitives et productives du marché.

Le déclencheur tactile, matérialisé par les lamelles d’un diaphragme, est isolé. C’est judicieux, il y a ainsi peu de risques de déclencher par mégarde. Un bouton permet de commuter rapidement entre les applications photo et vidéo. La Galerie est toujours accessible : pratique pour pouvoir accéder rapidement aux photos prises. L’entrée dans un menu de réglage provoque l’apparition d’info-bulles peu intrusives qui viennent vous aider à choisir le réglage recherché en explicitant en toutes lettres l’icône affichée :

Interface photo "Créatif" : menu de réglage de la balance des blancs ouvert.

Contrairement à de nombreux appareils photographiques il n’est pas nécessaire de fouiller parmi plusieurs niveaux de sous-menus pour modifier le réglage recherché. Tout tombe sous la main. Petites exceptions quelques fonctions « globales » (mémoire utilisée, choix ou désactivation des sons d’obturation et stabilisation) obligent à descendre dans un menu qui fleure bon S60.

La zone visuelle couverte par l’écran semble parfaitement correspondre à la zone visuelle couverte par le capteur. En d’autres terme l’image affichée à l’écran est celle que vous capturerez en photo. C’est encore rare chez la concurrence, trop souvent l’image affichée ne couvre que 90 ou 95% des pixels qui seront réellement capturés.

Lorsque l’application photo/vidéo est activée, les boutons de contrôle du volume permettent également la manœuvre du zoom. Je me suis surpris à préférer la commande tactile du zoom. Elle est plus ludique et plus efficace. Elle rend possible de finement contrôler le niveau de zoom en photo ou la vitesse du zoom en vidéo.

Petite astuce pour les étourdis, la commande de sélection du type de focus (automatique, macro, infinie, …) nécessite d’appuyer 1 ou 2s sur n’importe quelle portion de l’image pour voir la boite de sélection apparaitre. C’est en fait un placement astucieux, mais j’ai mis quelques jours à le trouver. C’est le genre de détail qu’il serait bon de faire apparaître plus clairement dans le mode d’emploi…

Au final, dans le cadre d’une utilisation simple, mode « Automatique » ou mode « Scène » activé, il est assez difficile de faire la fine bouche sur les possibilités de réglage offertes. Tout au plus peut-on regretter :

  • l’impossibilité de modifier la définition : elle est bloquée à 5MP. Si vous souhaitez autre chose il faudra vous rendre dans le mode « Créatif »,
  • l’impossibilité de désactiver la reconnaissance des visages : dans le cas des portraits ou des photos de groupe c’est une fonctionnalité très utile qui fonctionne efficacement avec le 808. Mais elle a tendance à faire des excès de zèle. Il arrive quelquefois que des visages soient reconnus dans le paysage, les objets, les plantes… ce qui vient alors gêner la mise au point,
  • la complexité de la désactivation du géotaggage des photos : il faut naviguer dans les paramètres du téléphone (« menu principal>paramètres>paramètres applications>positionnement>trouver ma position« ).
 
Le mode Créatif en détails

Les réglages accessibles dans le mode « Créatif » vont bien au-delà de ce que permettent la majorité des smartphones. Petit tour du propriétaire :

  • Flash : forcé, automatique, désactivé, anti-yeux rouges,
  • Correction d’exposition : ±4 EV/IL (NDLA : pour Exposure Value en anglais et Indice de Lumination en français) par paliers de 0,3 IL,
  • Balance des blancs : automatique, ensoleillé, nuageux, incandescent et fluorescent,
  • Sensibilité : automatique, manuelle (50 à 1600 ISO),
  • Filtre ND : désactivé, automatique, activé,
  • Focus : infini, hyperfocal, macro, automatique, focus tactile,
  • Résolution (NDLA : ce terme est usurpé, il s’agit de Définition) :
    • PureView : 3, 5 ou 8 MégaPixels,
    • Maximale : 34 ou 38 MégaPixels (suivant le ratio),
  • Format d’image/ratio : 4:3 ou 16:9,
  • Qualité de la compression jpeg : normale ou superfine,
  • Teintes des couleurs : normal, vif, sépia, noir et blanc,
  • Mode de capture :
    • normale : déclenchement instantané,
    • bracketing (permet le rendu HDR) : par série de 3 ou 5 photos avec variation d’exposition entre ±0,3 ±0,7 ±1 et ±2 IL,
    • intervalle : nombre total de photos et intervalle entre chaque photo,
    • retardateur : 2, 10 ou 30s,
  • Saturation,
  • Contraste,
  • Netteté,
  • Réinitialiser les valeurs (depuis FP2)
  • Grille de visée et assistance de mise au point

Détail intéressant 3 blocs mémoires sont disponibles : C1, C2 et C3. Vous pouvez ainsi définir 3 sets de réglages personnalisés qui seront accessibles à la demande.

Les réglages offerts par le mode « Créatif ».

Pour une utilisation poussée le mode « Créatif »  est incontestablement le plus adapté, mais certains manques risquent de déstabiliser les amateurs avertis :

  • balance manuelle des blancs :

Vous l’avez déjà certainement remarqué, en fonction de la lampe installée dans une pièce (filament, halogène, LED, …) l’ambiance diffère. La pièce est plus ou moins jaune/orangée, voire bleue. Ces différences sont provoquées parce qu’on appelle la température de couleur, une grandeur qui caractérise les différences de restitution des couleurs entre sources d’éclairage. En photographie, la balance des blancs vous permet de compenser ces différences. Elle permet le réglage du « point blanc » d’une image à photographier, la référence colorimétrique à partir de laquelle toute l’ambiance des couleurs d’une scène est « calculée ». Les appareils photos proposent plusieurs réglages types (tels que incandescent, ensoleillé, nuageux…) qui sont bons pour la plupart des situations. Cependant lorsque l’on est perfectionniste ou lorsque l’on se trouve dans une ambiance lumineuse particulière il est très pratique de pouvoir aider l’appareil photo en définissant une balance des blancs personnalisée. Charge à lui ensuite de compenser l’ambiance lumineuse en fonction de cette information. Notre cerveau effectue ce réglage en permanence. C’est ce qui vous permet par exemple de supporter vos lunettes de soleil.

  • contrôle direct de la vitesse d’obturation (il est cependant possible de l’influencer via les ISO, l’exposition ou le filtre ND, cf. plus bas) et de façon plus générale pas d’équivalence parfaite aux traditionnels modes PASM,
  • pas de contrôle d’exposition du flash ou de synchro lente.

Si l’on s’en tient à une définition conformiste d’un appareil photographique expert le 808 ne peut pleinement concurrencer les appareils experts. Une seule question vient à l’esprit : « Pourquoi ? » Si PureView a réellement demandé 5 ans de recherche et développement à Nokia il n’est pas pensable que ces absences soient de la fainéantise ou du bâclage. Il semble réaliste de penser que ce sont de vrais choix. Et la meilleure explication semble être que le constructeur finlandais n’a pas souhaité surcharger l’interface tactile lors des prises de vues. Chaque fonction supplémentaire impliquerait un élément graphique (bouton, tiroir, levier, …) à afficher, diminuant d’autant la place dévolue à l’image sur l’écran (qui reste le sujet principal) ou complexifiant un peu plus les menus.

Quel qu’ait pu être le raisonnement suivi par le constructeur nous aurions préférés la présence d’un menu « expert » dans le mode « Créatif ». Un menu qui donnerait accès à toutes les fonctions évoluées sus-citées. Le choix serait ainsi laissé à l’utilisateur. Chacun serait responsable de la complexité qu’il souhaite donner à la prise de vue. Je rêve que les APIs photo & vidéo s’ouvrent aux développeurs pour autoriser l’écriture d’applications qui comblerait ces manques.

Ces choix dans l’interface photographique procurent au 808 un placement original. Il permet d’aller bien plus loin que l’appareil photo de Monsieur tout le monde, sans toutefois fournir le contrôle total de l’appareil à celui qui voudrait tout régler.

 

L’histogramme

En mode « Créatif », le fait d’entrer dans le réglage d’exposition (via l’icône +/-) affiche également l’histogramme, un bien étrange graphique. Sous des dehors barbares se cache un outil simple et pratique pour contrôler en direct l’exposition d’une photo :

Histogramme d'une photo légèrement sous-exposée.

L’axe horizontal représente le « type » de lumière, les teintes sombres à gauche et les teintes claires à droite. L’axe vertical représente la quantité de lumière. Ainsi l’histogramme d’une photo :

  • bien exposée : sera équilibré, sans trou à droite ni à gauche,
  • sous-exposée : comprendra un pic à gauche et un trou à droite (c’est le cas ci-dessus),
  • sur-exposée : comprendra un trou à gauche et un pic à droite.

Si le pic dépasse le haut du graphique c’est la fin. Vous aurez « brulé » les hautes lumières ou « bouché » les ombres : en clair, des détails de la scène seront irrémédiablement perdus et remplacés par des pixels d’un noir ou d’un blanc pur.

Si l‘inclusion de l’histogramme est un vrai plus, sa disparition lors de la sortie du menu de réglage de l’exposition laisse un goût amer. D’un côté il serait extrêmement pratique de pouvoir le conserver à l’écran, de l’autre il ne faut pas oublier que sa présence continuelle diminuerait d’autant la zone dévolue à l’image. Encore une fois le mieux serait de donner à l’utilisateur la possibilité de définir le comportement de cet histogramme. A noter qu’une application tierce, QtCameraDemo remixe une partie de l’interface photo native et implémente en sus un histogramme permanent.

 

Application Galerie

Il est très impressionnant de naviguer dans les photos prises en définition maximale via la Galerie native. Le terminal démontre une aisance et une réactivité surprenante à les faire défiler aussi bien qu’à naviguer dans une photo haute définition.

Question fonctionnalités la Galerie sous Belle FP1 était assez limitée, la mise à jour FP2 lui a permis de s’améliorer : les sélections multiples et la consultation d’informations avancées sur les photos (y compris la balise EXIF et l’histogramme) deviennent possibles. C’est mieux mais nous aurions apprécié qu’une vue plus immersive soit possible : afficher ces information en surimpression de la photographie visualisée.

 

 

Application Vidéo

L’interface de l’application Vidéo voit une partie des paramètres disponibles en mode photo disparaitre. Le mode « Scène » ne contient plus que « faible lumière, nuit, neige, automatique et sport ». Même le mode avancé, toujours prénommé « Créatif », a été curieusement épuré :

  • Torche LED : activée, désactivée,
  • Compensation d’exposition : ±4EV/IL,
  • Balance des blancs : automatique, ensoleillé, nuageux, incandescent et fluorescent,
  • Focus : faible éclairage, hyperfocal, macro, automatique (continu), touch focus,
  • Résolution : 1080p, 720p ou 360p (NDLA : une fois de plus, l’utilisation de Définition serait opportune),
  • Cadence : 30, 25, 24ou 15i/s,
  • Ton des couleurs : normal, vif, sépia, noir et blanc,
  • Saturation,
  • Contraste,
  • Netteté,
  • Grille de visée, stabilisation, assistance de mise au point.

Il est impossible de gérer manuellement la présence du filtre ND ou la sensibilité ISO. L’interface de l’application vidéo respecte parfaitement l’UI décrite plus haut, le mode « Créatif » autorise toujours la définition et la sauvegarde de 3 réglages utilisateur : C1, C2 et C3.

Interface vidéo : mode "Créatif".

En plus de ces quelques fonctionnalités manquantes, la partie vidéo de Belle FP1 souffre du même défaut que les précédentes révisions de Symbian. En faisant fi des limites imposées par les taxes européennes, la taille de la vidéo prise est déjà limitée par le système de fichiers de l’OS qui interdit la création de fichiers d’une taille supérieure à 4Go. Si jamais vous atteignez cette limite, l’enregistrement ne redémarrera pas automatiquement. Il serait intéressant que lorsqu’un enregistrement vidéo est en cours, l’appareil pense de lui-même à le relancer lorsque la limite des 4Go est atteinte. Cela peut se révéler gênant lorsqu’on enregistre un concert ou tout évènement dépassant environ 30min (en 1080p).

Les cadences de prise de vue supportées offrent à la fois une large palette de réglage tout en restant un peu conventionnelles. Nous aurions appréciés que l’appareil permette d’atteindre les 60 i/s (cf. précédent article). D’ailleurs tant que nous en sommes à faire notre liste de cadeaux au Père Noël, pour le fun j’aurais apprécié un support du 4K, même à 10 i/s.

 

Performances matérielles

L’écran

L’écran concentre ici tous les contrôles, sa qualité est donc primordiale. Basé sur la technologie AMOLED (matrice active OLED) et accompagné de la recette maison CBD (un filtre polarisant) il se révèle très lisible en extérieur, même par plein soleil. C’est toujours appréciable à l’utilisation, surtout pour un appareil penché vers la prise de photos.

La technologie OLED confère à l’écran des angles de vision étendus : il est parfaitement visible de biais et les couleurs ne changent pas avec l’angle de vision. Encore un très bon point pour un appareil axé image. Autre point positif, dans un écran OLED un « pixel noir » est un pixel éteint. Cela permet d’éviter l’effet « lumière noire » (ces noirs un peu délavés, grisâtres) induit par le rétroéclairage constant des autres technologies de dalles LCD. C’est la garantie d’obtenir d’excellentes valeurs de contraste, il est plus facile d’obtenir de vrais noirs, profonds. Enfin cette gestion du noir et d’autres détails techniques rendent cette technologie plus économe que ses concurrentes.

L’écran n’est pas pour autant parfait. Il est mal calibré. Mon exemplaire présente une légère dominance des bleus, des jaunes et ses couleurs sont un peu trop resplendissantes/saturées/criardes (rayez le synonyme inutile). L’écran a aussi les défauts de ses qualités : les noirs sont trop profonds. Lorsque vous visionnez une photo d’un environnement faiblement éclairé sur l’écran, la restitution des variations dans les teintes sombres manque de finesse, donnant l’impression d’un cliché sous-exposé. Alors que ce n’est probablement pas le cas. Ce phénomène est très facilement remarquable sur ce site test de référence. Visualisée sur le 808 la page dédiée à l’évaluation du niveau de noir est sans appel : aucun des carrés 1 à 8 n’est visible (soit quasiment l’intégralité des 2 premières lignes…) et il difficile de voir de nuance entre les niveaux 9 et 10. En forçant la luminosité de l’écran au maximum, la 2ème ligne se découvre mais la 1ère reste invisible. Ce bilan en demi-teinte marque tout de même un progrès, contrairement aux soucis rencontrés par certaines unités de N8, l’écran du 808 ne présente pas de banding.

Même si certains de ces points peuvent se révéler flatteurs aux yeux du grand public (saturation des couleurs en tête) ils s’avèrent regrettables sur un appareil à vocation « imaging« . La justesse de la couleur devrait être la seule préoccupation. La calibration des écrans est un point qui commence également à être pris au sérieux par les constructeurs d’écrans TV et moniteurs d’ordinateur. Les constructeurs de smartphone ne semblent pas encore en être là, c’est regrettable. Soyons magnanimes, en face les constructeurs d’appareils photos ne prennent pas souvent ce sujet au sérieux.

Un dernier mot sur la résolution de cet écran. Dire qu’il existe un certain écart entre la définition du capteur CMOS Toshiba et la définition de l’écran fabriqué par Samsung serait un doux euphémisme. La nHD, définition précurseur en 2008 mais proche du ridicule en 2012, présente encore un ultime avantage, teinté d’une douce ironie. Visionner une photo en définition maximale sur l’écran du 808 est particulièrement bluffant. La sensation s’approche de la découverte d’une fractale : plus vous zoomez plus vous découvrez de détails, ça ne semble jamais s’arrêter.

PureView vs. nHD : illustration de la portion visible d'une photo 34MP en crop 1:1 sur l'écran du 808.

Définition PureView vs. Définition nHD : illustration de l'extrait croppé vu sur l'écran du 808.

La différence entre les 2 définitions est telle que visualiser une photo 34 MégaPixels sur l’écran nHD du 808 en crop 1:1 (1 pixel affiché à l’écran = 1 pixel de l’image original) équivaut à faire usage d’un zoom 12x…

 

Performance & réactivité

La réactivité générale de l’appareil est très bonne, son processeur ARM11 cadencé à 1,3Ghz fait le job. Durant nos tests nous avons par exemple été capables de gérer 43 applications en même temps (cf. la vidéo et nos articles) sans qu’il s’essouffle. Peu d’OS mobiles permettent ce genre de facéties.

De ce point de vue réactivité, l’application caméra n’est pas une exception. Elle est très fluide à l’utilisation. Voici un bilan des performances photographiques du terminal, différents relevés de temps de rafales, mise au point, déclenchement, sous plusieurs conditions :

Performances photographiques du Nokia 808 PureView.

La prise de vues en rafale est probablement le talon d’Achille du 808, il est incapable de dépasser la cadence d’1 i/s, quelle que soit la définition. Ses concurrents (smartphones ou appareils photographiques dédiés) font aujourd’hui mieux. C’est d’autant plus dommage que je suis persuadé que le 808 a ce qu’il faut sous le capot (voir l’article consacré à ce sujet). Il suffit de voir l’aisance avec laquelle il affiche les photos en très haute définition pour rêver à de meilleures capacités en mode rafale.

 

Autonomie

L’autonomie est sans surprise, vous tiendrez plus d’une journée en utilisation normale. Dans le cadre d’une utilisation intensive vous risquez quelques déconvenues. Pour cette review j’ai eu régulièrement besoin de recharger le 808 durant la journée. A sa décharge (sic), j’ai tout simplement mitraillé : en 1 mois j’ai amassé plus de 20 Go de photos et vidéos (soit 15000 fichiers)… Je conseillerai donc aux photographes boulimiques d’investir dans une seconde batterie afin de pouvoir tenir sereinement une journée passée à photographier (sans parler de tenir une nuit, où le flash sera mis à contribution).

Une astuce permet de facilement gagner en autonomie : désactiver le géotaggage (utilisation du GPS intégré pour enregistrer les coordonnées géographiques sur chacune de vos photos), une fonction énergivore. Il vous faudra par contre fouiller dans les menus pour pouvoir la désactiver.

 

Stockage

En supplément de ses véloces 16Go de mémoire interne, le finlandais supporte officiellement les cartes microSD SDHC jusqu’à 32Go en Classe 10. Officieusement les cartes microSD SDXC UHS104 de 64Go sont supportées, à condition qu’elles soient formatées au préalable en FAT32. D’après les retours la compatibilité avec le standard exFAT semble aussi de mise bien que nous n’ayons pu tester cela. Cette aptitude permet pas mal de sérénité sur le nombre de clichés que l’on peut prendre.

Le 808 est ainsi le complément idéal à vos autres équipements. Grâce à sa fonction USB On-The-Go et son support de cartes mémoires haute capacité, il lui est facile de devenir un mini disque-dur externe afin par exemple de stocker/sauvegarder les photos et vidéos issues d’un appareil réflex ou d’un camescope.

 

Filtre ND

Autre originalité du 808, il dispose d’un filtre ND, pour filtre de densité neutre (également appelé « gris neutre »). Cet élément optique absorbe une partie de la lumière qui le traverse. Il est destiné à faire varier l’ambiance lumineuse d’une scène : il l’assombrit sans en modifier les couleurs (d’où le qualificatif « neutre », il filtre de façon égale l’ensemble du spectre lumineux). Ces filtres sont classés suivant leur opacité, via un indice qui exprime la quantité de lumière perdue. Sur le 808 il s’agit d’un filtre ND8, ce qui signifie qu’il laisse passer 1/8ème de la lumière qu’il reçoit.

Traditionnellement en photographie il existe plusieurs façons de faire varier la quantité de lumière reçue :

  • jouer sur la sensibilité (les ISO),
  • jouer sur la vitesse (le temps de pose),
  • jouer sur l’ouverture (ouvrir/fermer le diaphragme).

Or le 808 ne dispose pas d’un diaphragme réglable, son ouverture est fixe à f/2.4. C’est là que la présence du filtre ND va devenir intéressante, puisqu’elle va permettre de simuler une fermeture du diaphragme. Ce filtre a ainsi pour conséquences théoriques de :

  • permettre de multiplier le temps d’exposition par 8 (à ouverture et sensibilité constantes),
  • diviser par 8 la sensibilité du capteur (à ouverture et vitesse constantes),
  • faire « perdre 3 diaphragmes » (on parlera d’équivalence à -3 IL en terme de valeur de correction d’exposition) : il fait virtuellement passer l’ouverture à F7,1 (à sensibilité et vitesse constantes).

Malheureusement sur le 808 la vitesse d’exposition n’est pas réglable manuellement, la sensibilité n’est accessible que depuis le mode « Créatif » et l’ouverture est fixe… Tout cela limite le contrôle de la créativité offerte par ce filtre, qui en pratique va se révéler utile dans les 2 circonstances suivantes :

1. créer des effets de filé : capter le mouvement de l’eau, des éoliennes, des objets en mouvement, faire du light painting

Comparaison de l'action du filtre ND sur les mouvements d'eau d'un torrent.

Sans le filtre ND le torrent est figé par le court temps de pose (1/340 s). Tous les moutonnements sont révélés, chaque goutte d’eau est disséquée. Une fois le filtre activé le temps de pose se rallonge considérablement (1/50 s soit prêt de 7x plus qu’initialement) ce qui permet de créer cet effet de filé qui contribue à donner une impression de fluidité et de continuité au cours du torrent.

2. réduire l’intensité de la lumière (donc les surexpositions) dans les environnement fortement éclairés

Filtre ND désactivé                                                                                                    Filtre ND activé

Lorsque le filtre ND est désactivé l’intensité lumineuse est telle que l’image est surexposée. Son contraste est très faible et une bonne partie des hautes lumières a été brulée (observez le sol il est d’un blanc pur, tellement le capteur est saturé de lumière). L’activation du filtre permet de corriger ces défauts, le sol retrouve des détails et l’image possède plus de « pétillant ».

Certains filtres ND atteignent un indice de 1000. A ce niveau le pouvoir filtrant est tel qu’il autorise des temps de pose très longs. Cela permet par exemple de photographier un paysage ou un élément d’architecture fixe en faisant disparaître les éventuels sujets mobiles (public, …), voir en les transformant en silhouettes fantomatiques.

 

Flash

L’appareil est équipé d’un flash Xénon pour les photos et d’une LED qui sert de torche en vidéo. L’intensité de cette dernière risque d’indisposer vos sujets s’il sont proche de vous. La luminosité de la LED étant concentrée sur une petite surface, elle provoque l’inconfort, voir l’éblouissement.

Le flash Xénon se révèle un allié précieux dans les environnements faiblement éclairés et son mode anti-yeux rouge, plutôt efficace, aidera dans la capture du regard naturel de vos sujets vivants.

Sans Flash.                                                                       Avec Flash Xénon : le maraudeur volatile nocturne est démasqué.

Il sera également utile pour réussir à figer un mouvement rapide :

Sans Flash.                                                                                                                         Avec Flash Xénon.

Son plus gros défaut réside dans son comportement on/off. Il est impossible de le doser manuellement. En fonction de la proximité du sujet photographié ou de sa réflectivité vous risquez de surexposer une partie de l’image. Sur les compositions un peu plus évoluées vous serez également en difficulté lorsque vous voudrez éclairer à la fois le sujet principal et l’arrière plan. Il n’y a pas de mode synchro lente disponible.

C’est probablement un des meilleurs flash dont un smartphone ait jamais été équipé, mais la rigidité de son paramétrage ne lui permet pas d’être comparable à la souplesse des appareils experts, même compacts.

 

Qualité optique

Nous le constaterons un peu plus bas, le pouvoir de résolution de l’optique Carl Zeiss est remarquable. Il permet de tirer pleinement parti de la définition du capteur.

  • Piqué : il est excellent au centre et baisse sans surprise en périphérie,
  • Vignettage : au risque de décevoir les fans d’Instagram  il s’avère difficile de mettre en évidence sur le terrain du vignettage (baisse de luminosité dans les coins d’un objectif). L’optique grand angle semble ici bien est aidée par sa focale fixe,
  • Diffraction : je n’ai pas rencontré pendant mon test de circonstances révélant l’atteinte de la limite de diffraction de l’optique. Ce  défaut apparait en général lorsqu’on travaille avec de petites ouvertures (F16 et plus), le 808 semble aussi ici avantagé par son importante ouverture fixe,
  • Déformations : les lentilles asphériques dont il est équipé permettent de contenir la déformation type barillet (talon d’Achille d’une optique grand angle) qui est ici présente sans être gênante,
  • Aberrations chromatiques : l’objectif ne semble pas être propice à la formation de franges colorées, même dans les scènes à forte luminosité,
  • Aberrations optiques : seul véritable point regrettable concernant l’optique, sa haute sensibilité au « lens flare«  (facteur de flare en bon françois) qui se présentent sous la forme de halos colorés dont les teintes oscillent principalement entre le rosé et le violacé. Ils sont provoqués par la lumière qui vient malencontreusement « rebondir » entre les différentes lentilles de l’objectif. Les traitements de surface sont censés atténuer ces irisations, mais force est de constater que ceux mis en œuvre sur le 808 ne sont pas parfaits :

Lens Flare fâcheux.

Certes, les lens flare ont aussi leur fans, ils peuvent contribuer à sublimer l’ambiance d’une photo : procurer une dimension poétique, onirique. Ainsi on peut dans certaines situations chercher à les provoquer ; il existe même des plugins qui permettent d’en ajouter à posteriori sur les photos ; mais techniquement ce sont des défauts optiques. En pratique il est possible de les limiter en utilisant sa main comme « pare-soleil » autour de l’objectif, mais ce n’est bien entendu pas extrêmement pratique.

Lens Flare heureux.

Ce qui est cruel sympa derrière ce défaut c’est qu’il est plein de malice, toujours prêt à vous surprendre. Tout ce qui suit est pure fiction :

Imaginez vous dans un bar en train d’immortaliser ce qui constitue probablement une des meilleures utilisation du houblon faite par l’homme. Vous déclenchez, analysez le résultat, modifiez en conséquence le cadrage pour éviter de faire passer l’inconnu flou au pull rouge à la postérité. La seconde prise vous satisfait, vous la tenez enfin. Vous avez su cristalliser l’instant. Texture, Fraicheur, Ambiance, toutes sont venues se fixer à jamais entre vos délicates, mais puissantes menottes. A vous le prix Robert Capa !

Plus tard, de retour dans votre antre. Vous déchargez vos photos, l’insouciance illuminant votre visage. La nostalgie et la fierté se mélangent alors que votre cliché vous confirme que vous avez su dompter votre vieille ennemie, la balance des blancs et qu’il vous susurre la délicieuse fraîcheur de ce breuvage qui vous sauva la vie lors de cette étouffante après-midi. Soudain, un cri inhumain déchire l’hyper-espace :

« − Diantre, mais qu’aperçois-je surplombant insidieusement ma chopine ?« 

 
     

Première prise / seconde prise
  =

Etat du photographe après analyse de son cliché.

La lentille externe est protégée par un verre traité Gorilla Glass ce qui lui confère une résistance accrue aux rayures. Pendant la review cette lentille est restée intacte. Seul le capot en plastique chromé qui entoure l’objectif, le flash et le haut-parleur s’est avéré sensible aux rayures. C’est heureusement sans conséquence sur la qualité des photos, seule la finition de l’appareil en pâtit.

 

Bokeh

Un des points sur lequel Nokia a insisté dans sa communication autour du 808 est sa capacité à réaliser un flou d’arrière plan, ou « bokeh » pour certains. Assez artistique, cet effet permet de composer une photo en détachant volontairement le sujet au premier plan (net) de son arrière plan (flou).

Dans sa définition moderne cet effet est uniquement dû à la profondeur de champ, concept qui décrit la zone d’une image autour de laquelle la netteté est « acceptable ». Vous pouvez grossièrement vous imaginer ce concept en pensant à l’effet produit par le brouillard. Mettons que vous demandiez à votre appareil photo, qui possède une profondeur de champ de 40 cm, de faire la mise au point sur un sujet précis à 8 m de vous. Il sera parfaitement net et derrière lui, à partir de 8,2 m le fond sera progressivement de plus en plus flou. Tel que s’il était camouflé par un brouillard. Devant lui, à partir de 7,8 m et moins ce sera pareil : le flou sera progressif. Cet effet est traditionnellement l’apanage des optiques des reflex, puisque le fait de disposer d’une courte profondeur de champ (la zone nette d’une image) est intimement lié à des dimensions géométriques de l’optique et réclame une grande ouverture.

Bokeh sémantique (phototrend.fr).

Dans sa définition traditionnelle le bokeh correspond spécifiquement à la façon dont le flou va être rendu sur la photo. La zone floue doit apparaitre constellée de formes géométriques colorées : des cercles, pentagones … Ces formes sont causées par la lumière qui se fait laminer la tronche par le diaphragme qui équipe l’appareil photo utilisé ou par des accessoires disposés devant l’objectif.

En l’absence des lamelles d’un diaphragme, d’origine le 808 ne permet pas de réaliser ce type de bokeh. Si vous êtes intéressé, j’espère que vous êtes adroits de vos mains. Il vous faudra confectionner un petit cache à placer devant l’objectif sur lequel vous aurez découpé une forme de votre choix d’un diamètre impérativement inférieur à 3,3 mm (= focale réelle / ouverture).

Les flous d’arrière plan produits sont convaincants, bien qu’il faille obligatoirement aider le 808 en exagérant son placement vis à vis du sujet. Il faut être très proche de celui que l’on souhaite voir apparaitre net sur la photo. Dans la pratique en utilisant cette astuce il est finalement possible d’obtenir un flou d’arrière plan avec n’importe quel appareil photo.

Bokeh du littoral.

Bokeh sacré.

A noter qu’il est également possible d’obtenir un flou d’avant plan en réalisant la mise au point sur un sujet lointain tout en plaçant au premier plan un objet extrêmement proche :

Bokeh inversé.

Pour les plus téméraires il sera même possible de tenter la combo flou d’avant-plan plus flou d’arrière plan :

Bokeh "children don't try this at home".

 

Ratio

L’appareil construit par les finlandais dispose d’un capteur au format original, proche d’un 14:10. Ceci lui permet de supporter en pleine définition les ratio 4:3 et 16:9, là où les autres appareils tronquent leurs images (et perdent en définition). Soit ils disposent d’un capteur :

  • au format 4:3 et réduisent la hauteur de l’image affichée pour produire du 16:9,
  • au format 16:9 dont ils tronquent les bords pour produire une image 4:3.

Le 808 et son capteur 14:10 travaille à pleine définition sur ces 2 ratios :

Comparaison des ratios 4:3 et 16:9 produits par le 808.

A noter que la focale évolue légèrement en fonction du ratio sélectionné. De 26 mm en 16:9 elle passe à 28 mm en 4:3 (exprimé en équivalent 24×36). Voici la différence réelle de champ visuel des 2 ratios après compensation de la différence de focale :

Comparaison des ratios après rectification de la focale.

En reliant mentalement les 8 coins de cette image il est facile d’imaginer un cercle entourant le capteur, illustrant son format. Cette comparaison permet aussi de commencer à voir poindre le museau d’un léger vignettage dans les coins extrêmes de l’image. Le ciel s’assombrit très légèrement sur les bords.

 

PureView : Zoom

Le zoom est la raison d’être initiale de PureView. La technologie mise en œuvre profite de la réserve de pixels fournis par le capteur pour restreindre l’image produite à une sous-partie du capteur. Elle implique une variation du facteur de zoom suivant la définition sélectionnée. Je me suis livré à quelques calculs pour découvrir les facteurs de zoom possible en pratique, voici le résultat :

Zoom et Focale équivalente de la technologie PureView.

Les niveaux de zoom réels ne sont pas des chiffres ronds. Cela explique les formulations imprécises dont Nokia a usé comme « prêt de 3x »… Une valeur bien plus simple à retenir et très proche de la réalité décrite par mes calculs. En pratique voici les résultats permis :

Le zoom PureView illustré.

Quelle que soit la définition considérée le niveau de zoom maximum disponible ne peut lutter avec ce que permettent les appareils photos compacts actuels (certains atteignent les 20x). L’amplitude du zoom PureView est cependant sensiblement proche de ce que proposent les « kits » comprenant objectif (type 18-55mm) et appareil reflex d’entrée de gamme. Et même s’il est « humble », ce zoom autorise déjà des jeux intéressants sur le cadrage des photos :

8MP - Scène globale + Illustration du Zoom disponible (~2x).

8MP - Scène zoomée (mise en œuvre du Zoom 2x).

Que se passe-t-il si l’on compare une même zone sur les 2 images ainsi obtenues ?

Comparaison des crop : démonstration du zoom PureView.

L’extrait présenté à gauche provient de la scène « zoomée » il est visualisé avec un crop 1:1 (1 pixel de l’image originale = 1 pixel à l’écran). Celui de droite provient de la scène « globale ». Il est visualisé avec un crop 2:1 (1 pixel de l’image originale = 2 pixels à l’écran) pour compenser l’absence de zoom. Il est assez simple de constater que l’image zoomée contient beaucoup plus de détails. Elle est moins floue, affine les pierres, détaille les feuilles et, plus impressionnant, elle révèle le contour des carreaux dans les parties blanches de la mosaïque, ce qui prouve l’intérêt du concept de zoom « à la PureView ». Examinons maintenant si ce zoom est réellement « sans perte » comme Nokia l’a clamé :

Comparaison du zoom maxi : 2MP zoom 3X vs. 34MP crop 1:1

L’image 2MP obtenue en zoom maximal est pixel pour pixel comparable à l’image haute définition (aux mouvements du photographe et aux variations de conditions d’éclairage prêt). C’est là le sens du zoom « sans perte » décrit par Nokia : aucun pixel n’est artificiellement créé pour réaliser ce grossissement dans l’image, 1 pixel image = 1 photosite physique du capteur.

Malgré la faiblesse de son facteur de zoom comparée aux optiques des compacts modernes, le zoom PureView possède quelques avantages non négligeables. Il permet en particulier de :

  • éviter les distorsions : par le fait d’utiliser une sous partie de l’image prise au centre de l’objectif (partie non sujette à ce défaut),
  • éviter le vignettage : par le fait d’utiliser une sous partie de l’image prise au centre de l’objectif (partie non sujette à ce défaut),
  • conserver une grande ouverture : les zooms traditionnels voient leur ouverture chuter avec le zoom, c’est un avantage significatif qui permet au 808 de capter plus de lumière qu’un objectif traditionnel.

Nous terminons ici la mise à l’épreuve préliminaire du zoom. Nous verrons un peu plus loin dans l’article (cf. le « match ») ce que ce zoom PureView vaut face à de véritables zooms optiques.

 

PureView : Suréchantillonnage

C’est le second point sur lequel la technologie PureView Pro est mise en avant par Nokia. Fournir des photographies à des définitions communes (3, 5 ou 8MP) qui profitent de la réserve de pixels du capteur pour obtenir un résultat de meilleure qualité.

Dans la pratique la quantité de détails préservés dans les images de faible définition est excellent. Les algorithmes derrière ce suréchantillonnage fonctionnent. Lorsque l’on étudie dans le détail un cliché basse définition face au même cliché pris en haute définition il est possible de retrouver la justification de chaque pixel. Toutes les variations de teinte des pixels de l’image basse définition proviennent d’un détail visible sur l’image haute définition. Tout cela contribue à fournir aux clichés basse définition un excellent rendu des textures.

Le résultat produit par un redimensionnement sur PC des images haute définition (en utilisant l’algorithme de resampling Lanczos) est sensiblement comparable à ce que le 808 PureView fait en temps réel. Les différences sont mineures et dépendent du sujet photographié. Ceci n’occulte en rien la performance de Nokia : ce traitement réclame plusieurs secondes à un PC moderne là où le smartphone le fait quasi instantanément. De mon point de vue, le redimensionnement à la PureView n’a donc rien de magique. C’est simplement un algorithme de redimensionnement performant, ce qui ne diminue en rien la prouesse ni l’ingéniosité de l’idée initiale. Et si en terme de rendu les différences entre un cliché redimensionné par un PC et par PureView sont mineures, j’ai tout de même tendance à préférer les résultats fournis par le 808 qui paraissent plus naturels.

Ce qui est surprenant avec l’utilisation du 808 c’est que l’on vient à se poser des questions existentielles sur ses photos. Les clichés pris en haute définition sont si détaillés que d’une seule image vous pouvez en tirer plusieurs d’une définition standard mais toujours de bonne qualité. Vous avez la liberté, depuis votre ordinateur, de sélectionner une ou plusieurs zones dans votre cliché haute définition pour en faire des images « autonomes » ou améliorer le cadrage initial en faisant disparaître de la photo un élément perturbateur. C’est littéralement une autre façon de penser à la photographie.

 

PureView : Bruit numérique et gestion des ISO

Pour bien comprendre le phénomène de « bruit numérique » un parallèle avec l’audio s’impose. Lorsque vous coupez toutes les sources sur votre chaîne hi-fi et que vous augmentez le volume, vous constatez de façon paradoxale que vos enceintes produisent quand même un son. Un souffle confus, un bruit plus ou moins désagréable. Ce que vous entendez alors est le bruit littéralement généré par les circuits de votre chaîne. Ce son est en réalité toujours présent, simplement d’habitude il est masqué par la musique. En montant le volume vous l’avez amplifié jusqu’à le rendre parfaitement audible.

En photographie ce principe s’applique également. En condition de faible luminosité très peu de photons viennent frapper le capteur. L’intensité du signal donné par le capteur est alors si faible qu’il est nécessaire de l’amplifier. Cette opération va dévoiler le bruit, lui aussi amplifié. Totalement artificiel, ce défaut engendré par les divers composants électroniques du et autour du capteur ne fait pas partie du message original à retranscrire. Et plus le signal reçu sera faible plus le bruit sera proportionnellement important, donc visible. C’est pourquoi plus vous montez dans les ISO, plus un capteur va « produire » de bruit.

En image le bruit est divisible en deux catégories :

  • le bruit de luminance : modifie l’intensité lumineuse des pixels (il concerne les artéfacts présents dans les teintes « grises »),
  • le bruit de chrominance : modifie les couleurs des pixels (il concerne les artéfacts colorés).

Le capteur CMOS du 808 propose une plage de sensibilité large ; de 50 à 1600 ISO ; accessible via 6 paliers : 50/100/200/400/800/1600. En comparaison le Nokia N8, la précédente référence image de la marque, disposait d’une plage de sensibilité de 100 à 800 ISO. Sur le papier, en une génération Nokia et Toshiba ont quadruplé la dynamique de leurs capteurs.

Monter plus haut dans les ISO permet de travailler dans des environnements plus sombres en limitant les flous de bougé. Mais encore faut-il que les résultats produits à de telles sensibilités soient suffisamment bons pour être « regardables ». La comparaison suivante permet de juger la maîtrise du bruit du capteur HES9 :

  • axe vertical : il présente la montée en bruit du capteur avec l’augmentation de sa sensibilité (donc de l’amplification),
  • axe horizontal : il illustre l’intérêt de la technologie PureView Pro dans la gestion du bruit (il montre les résultats du suréchantillonnage).

PureView Pro - Comparaison ISO (cliquez sur l'image pour visualiser l'image lossless)

NOTE : Pour des raisons de praticité de présentation les extraits d’images à 38MP et 8MP ont été redimensionnés. Tous les extraits originaux, non redimensionnés et non compressés, sont disponibles dans une galerie dédiée.

Nous observons que la gestion du bruit est excellente jusqu’à 200 ISO, seuil à partir duquel il est décelable. Dès 400, mais surtout à partir de 800 ISO se sont les effets des traitements destinés à le corriger qui trahissent sa présence (le ciel devient granuleux). Puis à 1600 ISO le bruit est définitivement présent, le ciel nocturne devient désagréable à regarder : il se marbre et se colore. A partir de 800 ISO la dynamique du capteur chute de façon importante, il devient vraiment difficile pour l’appareil de restituer fidèlement les variations de teintes dans les tons sombres et clairs.

Lorsque l’on regarde l’image à 2MP à 1600 ISO l’intérêt de la technologie PureView est illustré : le bruit chromatique est bien filtré, le ciel et les feuillages retrouvent des teintes bien plus naturelles, les faisceaux des projecteurs qui entourent la statue retrouvent de la texture. En 2MP chaque pixel de l’image est conçu à partir de 12 photosites physiques sur le capteur. Il y a alors en théorie 12x plus de lumière disponible par pixel et surtout beaucoup d’informations pour séparer le bon grain de l’ivraie.

De façon générale PureView excelle à traiter ce bruit chromatique et se montre moins efficace à limiter le bruit de luminance. C’est plutôt une bonne nouvelle pour l’œil, le bruit « coloré » est souvent le plus gênant à la visualisation d’une image. C’est aussi le signe de l’efficacité des algorithmes à l’œuvre derrière PureView : ce bruit chromatique est aussi le plus compliqué à traiter. Afin d’aller un peu plus loin dans l’analyse je me suis livré à un test complémentaire. J’ai réduit, en post-prod, la définition de la photo « 38MP à 1600ISO » à 2MP. Le constat d’efficacité de PureView est confirmé :

1600 ISO : 38MP redimensionné à 2MP via Lanczos \ vs. // Cliché 2MP PureView

Un simple redimensionnement ne permet pas le traitement du bruit chromatique : la photo 38MP downscalée à 2MP est toujours aussi « mauvaise » que la photo initiale. Seule la photo traitée par le 808 profite d’une vraie gestion du bruit chromatique.

Au global et en regard de la relative petitesse des photosites réels du capteur (1,4 µm) le bruit est bien limité. Les traitements sont bien dosés, ce qui permet de conserver détail et « naturel » dans les photos. Peu de grain est créé et le lissage, une des techniques types pour combattre de bruit, n’engendre pas de pertes de détails spectaculaires. C’est un avantage majeur face aux photo-phones concurrents.

Note : le temps de pose maximal autorisé par le 808 est de 2,7s.

 

Toutes les photos qui vous sont présentées ici dans le cadre de cet article et dans mes galeries personnelles sont brutes. Je les ai laissées intactes, sans retouche. Cependant je me suis quand même amusé à en retoucher certaines et les résultats obtenus sont assez intéressants :

 
Image originale.                                                                             Image retouchée.

Une légère post-production permet de rectifier la relative planéité et la sur-exposition initiale. Des détails dans les hautes et les basses lumières ont été récupérés : la trame du tissu de la nappe est révélée et les visages s’ouvrent. Seule limite, ce traitement hausse le bruit chromatique. Difficile de blâmer le smartphone, je n’avais de toute façon pas mis toutes les chances de mon côté : la photo a été prise en soirée en 38 MégaPixels…

 

Mise au point et exposition

Nokia ne précise pas officiellement les méthodologies d’évaluation de l’exposition et du focus utilisées par le 808. D’après mes tests la mesure de l’exposition semble être de type pondérée centrale. C’est à dire que l’ensemble de l’image est évaluée, mais un poids plus important est donné aux informations prises au centre. La mise au point semble également obéir à un principe proche : un rectangle virtuel, situé au centre de l’image, permet de l’évaluer. C’est pour moi un regret :

  • L’exposition calculée automatiquement par le 808 est régulièrement imparfaite. Les scènes très lumineuses ou qui comprennent des sources lumineuses contrastées mettent à mal l’appareil. Il est rare d’obtenir une photo correctement exposée dans ces conditions. Mieux vaut passer en réglage manuel et prendre plusieurs clichés en corrigeant l’exposition de différentes façons pour être certain d’obtenir la bonne image,
  • Une mise au point de type « spot » (une toute petite zone de l’image, quasiment un point, est utilisée) est bien souvent plus adaptée et plus facile à contrôler. Sur le 808 la taille du rectangle virtuel est trop importante pour permettre de travailler avec précision,

Sans surprise le 808 fait appel à un algorithme à détection de contraste pour assurer la mise au point. Détail intéressant, de multiples réglages de mise au point sont disponibles. Même le focus tactile est de la partie. De quoi couvrir tous les usages.

Le rendu des couleurs du 808 est plutôt froid, c’est une différence par rapport à la « tendance du marché ». Les images délivrées apparaissent légèrement bleutées, les concurrents préfèrent plus souvent proposer une balance de couleur chaude (images tirant sur les jaunes, les orangés). Cette dernière balance a l’avantage d’être « flatteuse », là où le 808 semblera « analytique ». L’effet est corrigeable de 2 façons : utiliser un réglage de balances des blancs autre que automatique, ou un réglage de colorimétrie (le rendu des teintes) autre que normal.

Colorimétrie sur le 808 : "Normale" vs. "Vive"

 Enfin, l’autofocus peut se comporter de façon hésitante en basse lumière, même lorsque la LED vient à sa rescousse.

 

Agrandissement

Les possibilités offertes par un capteur de 41 MégaPixels sont nombreuses. Et même si une telle définition semble aujourd’hui inutile en regard de la définition de l’écran type du consommateur (d’après le W3C en 2012 60% des moniteurs ont une définition inférieure à 1366×768…), il est certain que dans quelques dizaines années cette définition record apparaisse bien plus justifiée.

Si Nokia a fait le choix de fixer la définition des photos à 5MP dans les modes automatique et scène c’est qu’elle constitue un bon compromis entre définition (les possibilités d’agrandissement), taille des images (facilité de stockage et de partage) et la liberté de cadrage (utilisation du zoom). Dans 5 ou 10 ans, ces images seront adaptées aux écrans 4K.

Si vous appréciez d’imprimer vos photos, avec des fichiers d’une définition de 38MP vous pourrez sans problème réaliser des formats déjà respectables de 60x50cm qui soient observables de prêt à l’œil nu (la résolution conseillée dans ces situations étant 300 ppp). Maintenant si vous souhaitez réaliser des posters ou des affiches et que vous savez que vous ne les scruterez pas à la loupe, une résolution de 50ppp suffira amplement à garantir une impression de bon piqué. En résumé les formats géants, 4mx3m et plus sont facilement atteignables avec le PureView. Une phrase qui fait prendre conscience du potentiel que vous tenez en main quand le 808 s’y trouve…

 

En usage vidéo

En vidéo les 2 fonctions phare du finlandais sont la présence d’un véritable zoom et la qualité de l’enregistrement audio.

Zoom vidéo

Seul le ratio 16:9 étant disponible en vidéo, ce sont 34 MégaPixels qui sont utilisés pour produire les séquences. Cette belle réserve de pixels donne à nouveau accès à plusieurs niveaux de zoom (le principe expliqué dans la partie photo est le même), ce en fonction de la définition choisie :

Zoom et Focale équivalente de la technologie PureView.

A nouveau il existe une très légère différence entre les chiffres réels des zooms et ceux utilisés par Nokia. Rien de grave et les raisons énoncées plus haut sont toujours valides. Passons à la pratique :

Image de prévisualisation YouTube

Vidéo présentant le zoom 12x en nHD.

Si un zoom 12x parait alléchant, il s’avère que l’absence d’un système de stabilisation efficace en limite fortement l’intérêt. Soit vous emportez avec vous un mini-trépied, soit vous usez de l’astuce « ghetto steadycam » dévoilée plus haut. Hors de ces 2 solutions point de salut, le moindre tremblement de votre main rendra la vidéo peu esthétique. De plus, pour pouvoir profiter de ce zoom 12x il vous faudra accepter de filmer en 360p, en 2012 cela devient difficile. Les zooms 4x et 6x paraissent bien plus raisonnables. Ils vous permettent de continuer de profiter de la haute définition tout en diminuant l’influence de vos tremblements sur la qualité finale de la vidéo.

Image de prévisualisation YouTube

Vidéo présentant le zoom 4x en Full HD.

Fait d’importance il s’agit ici d’un véritable zoom (techniquement nous devrions l’appeler une émulation de zoom optique) et non d’une interpolation numérique comme c’est le cas chez les concurrents. L’implémentation du zoom est bien réalisée, le slide to zoom façon Nokia s’avère intuitif et efficace. En prime le rendu visuel du zoom est fluide, avec une fin de course décélérée de façon très naturelle.

 
Qualité du rendu

Les chiens ne font pas des chats. En vidéo le rendu s’avère très bon, nous retrouvons globalement la signature constatée sur la partie photo. L’image contient beaucoup de détails, mais la balance des blancs et l’exposition sont souvent imparfaites.

A première vue le codec utilisé ne présente rien d’original en 2012, le H.264 est entré dans les mœurs, tout comme le conteneur MPEG4 (qui à la charge d’encapsuler les flux vidéo et audio au sein du même fichier). C’est en s’intéressant aux détails de ce flux vidéo ; un H.264 High Profile Level 4 (MPEG4-AVC1 High@L4.0) à 20Mbit/s ; qu’apparaissent 2 originalités (liées). Le support d’un profil « High Profile » implique ici l’utilisation de l’efficient algorithme CABAC (qui réclame de la puissance), un gage de qualité. C’est grâce à cet algorithme que le débit binaire qui peut paraître faible (20 Mbit/s), est en réalité un très bon choix. Cette combinaison promet un excellent ratio « taille de fichier/qualité ». C’est ici la puce Broadcom BCM2763 et son moteur « VideoCore IV » qu’il faut remercier. Seul bémol sur ce périmètre technique, nous aurions aimé avoir la possibilité de pouvoir contrôler le débit binaire à des fins de test.

Un des points remarquables est la largeur du champ de vue. Avec une focale de 26mm elle permet de capturer un champ bien plus large que par exemple un iPhone.

Le capteur HES9 est la victime des défauts de sa technologie CMOS. Les mouvements de la caméra ainsi que les mouvements des sujets filmés provoquent des tremblements et des distorsions de l’image. C’est le fameux effet « rolling shutter« . Les informations du capteur sont lues de façon séquentielles, par lignes ou groupes de pixels. La conséquence ? Les sujets en mouvement peuvent dans certains cas apparaitre déformés, puisque entre le moment où vous lisez la ligne 1 et la ligne 2, les sujets filmés peuvent s’être déplacés. Vous remarquerez sans peine sur la vidéo suivante que tous les poteaux, arbres, … sont magiquement penchés vers la droite :

Image de prévisualisation YouTube

Vidéo qui met en évidence la présence du rolling shutter.

NOTE : L’effet est exagéré par la vitesse à laquelle se déplace le 808 (320km/h) et la proximité des sujets filmés.

 
Rich Recording

Le Rich Recording mis en avant par Nokia s’avère convaincant sur le terrain. Les nouveaux microphones, annoncés comme capable de capturer des pressions acoustiques jusqu’à 140dB (voir 145), permettent l’enregistrement d’un spectre sonore sensiblement plus large que celui des autres smartphones et que la plupart des appareils photo compact ou réflex tout en étant exempt du phénomène de saturation, même dans les environnements fortement bruyants. Cela peut paraître un avantage anecdotique, mais la partie sonore d’un enregistrement vidéo contribue énormément à l’ambiance et l’immersion du spectateur dans une scène.

A l’usage seuls les bruits causés par le vent mettent à mal les micros. Il manque probablement au 808, 1 voir 2 micros supplémentaires (et judicieusement répartis) pour les filtrer correctement.

Image de prévisualisation YouTube

Vidéo illustrant la capacité du Rich Recording à restituer un environnement sonore encombré.

 

Image de prévisualisation YouTube

Vidéo testant la qualité du Rich Recording à préserver un message sonore évolué.

Appréciez la retranscription de l’ambiance du Métropolitain et surtout la qualité de restitution de l’orgue. J’ai enregistré cette vidéo à moins de 2m de l’orgue, pourtant aucune saturation n’est présente. Mieux, la mélodie est certes fort joliment restituée mais la soufflerie de l’orgue est également audible. La définition de la basse (écouter à 05s et 30s) fait aussi parti des points remarquables.

Seul reproche, en « mode pinaillage » : j’ai la sensation que les aigus manquent d’extension. C’est un peu comme si un filtre passe-bas était actif. C’est un feeling que je retrouve sur d’autres vidéos prises par le 808. Toute la question est ici de savoir si l’encodage n’est pas fautif. Nokia a fait confiance au codec AAC-LC, 128 kbit/s CBR, stéréo, échantillonnage à 48kHz. S’il faut saluer le choix de l’AAC, codec plus efficace et moderne que le MP3, l’usage un débit binaire de 128kbit/s constant est surprenant. Quelle que soit la complexité du message audio, l’encodeur utilisera toujours 128 kbits pour décrire chaque seconde. C’est assez peu efficient. Vu la qualité matérielle du smartphone et les performances des microphones, un débit variable (VBR) et supérieur (160, 192 …) auraient été à mon sens plus à la hauteur.

 
Stabilisation

Le 808 dispose d’une fonctionnalité logicielle de stabilisation de l’image. Ce n’est concrètement pas le point fort de l’appareil. Dans les faits elle est rapidement dépassée par les évènements et le rendu n’est guère probant. Il arrive fréquemment qu’elle soit la source de déformations ou de « sauts de l’image » ce qui crée une impression de discontinuité.

 
Mise au point

Parmi les différents réglages de mise au point proposé se trouve un autofocus continu. Contrairement à ce que cette dénomination laisse supposer la mise au point ne se fait pas en continu. Le contraste de la scène, sur lequel est basé l’algorithme de focus, est évalué toutes les 3/4 secondes. Si le sujet central a évolué la mise au point est alors corrigée. C’est un processus totalement silencieux, seul témoin l’image qui se zoome/dézoome légèrement pendant que le système tâtonne pour trouver le réglage parfait. Et c’est là la raison de cette définition particulière du « continu ». Si le focus était en permanence réévalué l’image n’arrêterait pas de bouger, ce qui serait gênant. Cette implémentation n’est pas particulière à Nokia, elle est commune à tous les appareils vidéos partageant cet algorithme de détection de contraste : tous les smartphones, mais également la plupart des appareils photo et caméscopes grand public.

Le 808 autorise la modification de la méthode de mise au point en cours d’enregistrement. Ceci se révèle assez pratique à l’usage puisque vous pouvez par exemple passer d’un focus » hyperfocal » (où la majorité de la scène se situant au delà de 60cm est nette) à un focus tactile sur une zone très précise de l’image pour passer par la suite sur un focus continu.

 

Le match : Nokia 808 PureView vs. Canon EOS 650D

Avec ce smartphone l’équipe Nokia Imaging est ambitieuse. Une de leurs anecdotes favorite en interview décrit le premier test in vivo d’un prototype de 808 :

Plusieurs membres de l’équipe étaient partis sur le terrain, un appareil reflex et un 808 prototype dans leur besace. Leur but, juger le fruit de leur travail. Aussitôt le shoot réalisé les photos furent anonymisées et envoyées pour analyse aux membres de l’équipe restés au bureau. Ils n’arrivèrent pas à déterminer quelles photos étaient le fruit du 808 et lesquelles provenaient du reflex…

C’est le genre d’histoire propice à fournir un bon prétexte : et si nous vérifiions cela ? Un prétexte conforté par notre expérience. Après quelques jours passés avec l’appareil, les résultats obtenus ont montrés qu’un comparatif pertinent du 808 se devait d’inclure un reflex. Vous connaissez notre devise, moussaillons : « soit on fait les choses et on les fait bien, soit on les fait pas ». Enfin la technologie PureView Pro permet au Nokia de créer des photosites logiques, ce qui en théorie l’aide à venir chatouiller des appareils d’autres segments :

Le Canon EOS 650D (également dénommé Rebel T4i, voir EOS Kiss X6i sous d’autres cieux), tout frais appareil reflex grand public de moyenne gamme (il est sorti en juin 2012) est apparu comme un candidat de premier choix (cacedédi à @WikiJM pour sa sympathique contribution matérielle et logistique). Pour arbitrer le match s’ajoutent ici l’iPhone 4S, un smartphone assez doué en photographie, le Nokia N8, la précédente référence qualitative des smartphones pour la photo et une guest star, le Fuji F31fd, ancienne gloire des compacts qui est comme les bons vins : il se bonifie avec le temps.

 

1. Le parti pris ici est de présenter le plein potentiel naturel de chaque appareil, sans post-production. En conséquence et sauf mention contraire :

1. Les images produites par le 808 ont été shootées en haute définition puis réduites aux 18 MégaPixels du 650D. Cette transformation a été confiée à l’algorithme Lanczos, sans autre modification,

2. Le 650D shoote en RAW et JPEG, ces 2 fichiers étant aussi utilisés tel quel,

3. Le 650D est ici équipé de l’objectif Canon EF-S 18-55mm f/3.5-5.6 IS II.

2. Tous les extraits de comparaison sont disponible au format PNG, qui permet de conserver intactes les nuances des compressions et traitements réalisés par chaque appareil. Il vous suffit de cliquer sur les images intégrées ci-dessous pour accéder à ces versions.

 

Courte focale (=Grand Angle)

La confrontation commence avec un peu d’architecture :

Comparaison : 650D jpeg / 650D RAW / 808 34MP.

Première surprise, de façon générale, les JPEG des 808 et 650D sont difficiles à départager. Personnellement j’aurais tendance à donner l’avantage au 808. Si l’on observe finement les colonnes, le finlandais restitue plus fidèlement la texture du granite alors que les méfaits de la compression JPEG sont plus visibles sur les fichiers produits par le japonais et nuisent à la qualité de la texture de la pierre. L’image est également un peu plus accentuée sur le 650D, ce qui augmente « artificiellement » la netteté des contours. C’est intéressant lorsque l’image entière est visionnée (ou imprimée) sans que ce soit vraiment probant lorsque comme ici, on scrute les détails. Lorsque l’on libère le potentiel du Canon, via le fichier RAW, ce dernier reprend l’avantage. Les textures du granite sont extrêmement détaillées et les décors du chapiteau sont indéniablement plus fournis.

Il est amusant de remarquer que la balance des blancs originale du fichier RAW est plus proche de celle adoptée par le 808 que par celle du JPEG créé par le 650D. Cela confirme le fait que le 650D a tendance à retraiter ses JPEG de façon plus prononcée que le 808.

Dernier point sur lequel le 650D prend l’avantage, son capteur possède une meilleure dynamique : le haut du chapiteau perd en détail avec le Nokia, là ou le RAW ; et dans une moindre mesure le JPEG ; contiennent toujours des détails. Tout deux présentent d’une façon beaucoup plus convaincante les variations de teintes claires. La texture du granite blanc est bien préservé, là où le 808 a tendance à l’adoucir.

Nous allons faire un bref aparté, il y a plusieurs éléments à prendre en compte pour bien percevoir la portée de cette comparaison :

  • la définition des 2 capteurs est bien différente (34MP vs. 18MP) : sur le papier le 808 est nettement avantagé d’après ce critère,
  • les méthodes d’obtention des fichiers sont différents (JPEG vs. RAW) : la compression JPEG du 808 diminue la précision des textures en créant des, petits, pâtés inhérent au format, là ou le RAW conserve l’intégralité des informations perçues par le capteur.

C’est là que nous nous rendons compte que le piqué de l’optique du 808 est vraiment surprenant, elle permet au capteur de saisir de fins détails. Et même si sur cette première image le 650D a pris l’avantage grâce à son RAW, le 808 n’est pas loin derrière : il double au passage le JPEG du 650D.

Il convient de mentionner que si l’on s’intéresse aux fleurs des alcôves, elles apparaissent légèrement plus floues sur le 808. Sur un autre appareil nous aurions toujours pu tenter de prétexter à une courte profondeur de champ, ici ce n’est pas le cas. C’est une des raisons pour lesquelles je me suis plaint plus haut de la méthode de calcul de la mise au point. Le 808 présente régulièrement une tendance a proposer un focus légèrement décalé par rapport à ce que l’on attend de lui.

Pour terminer sur cette 1ère scène, observons les résultats du groupe au complet :

Le 4S et sa forte tendance à accentuer les contours crée une image qui apparait plus nette de loin mais qui dégrade nettement la qualité perçue de prêt. Au final il produit une image moins naturelle que le N8 qui, de façon surprenante dans ces conditions de prise de vue, produit beaucoup de grain. Le 4S se fait également remarquer à cause de sa balance des blancs, la plus divergente du groupe. Le F31fd, le plus humble de ce comparatif avec son capteur de 6MP, s’en sort fort bien. Il domine le 4S et le N8 sur tous les plans, seuls le 808 et le 650D le surclasse.

Verdict => Courte victoire du 650D (0,5 point).

 

Longue focale (= Zoom)

Il est temps de mesurer les aptitudes du zoom PureView :

NOTE : un soucis informatique a empêché la présentation d’une image du 808 prise au même moment que celles des autres appareils.

Le classement sur cet extrait est, sans surprise, assez simple : 650D > F31 > 808 >4S ~= N8. Les 2 premiers disposent d’un zoom optique, les autres usent de méthodes différentes pour palier ce manque. A ce petit jeu le zoom à la PureView se défend bien. Son rendu n’est pas éloigné de ce qu’a capturé le zoom optique 3x du Fuji. Entre le 4S et le N8 il y a matière à discussion : le 4S retranscrit déplorablement le ciel, celui du N8 étant plus naturel (sans être parfait, loin delà), mais l’accentuation des bords du 4S donne à la tour Eiffel des contours bien plus vifs. C’est ici un plus.

Face au 650D le 808 trouve ses limites. Le véritable zoom optique du reflex prend le dessus. Les images issues de l’appareil finlandais sont tout à fait regardables, très au-dessus des résultats des autres smartphones, mais elles sont incomparables au piqué des clichés fournis par le 18-55mm du Canon à cette focale. Ce qui est finalement assez rassurant !

Verdict => Large victoire du 650D (2 points).

 

En périphérie

Ces 2 comparaisons vont permettre d’observer les piqués des objectifs (leurs capacités à distinguer de fins détails) en périphérie des lentilles.

Le 808 restitue les ardoises de la toiture alors que le JPEG généré par le reflex les a purement oubliés de l’histoire. Le smartphone est également plus fin dans sa présentation des drapés des statues, tout comme sur les traces de pollution visibles sur les « encorbellements ». Le RAW permet au japonais de relever la tête mais sans lui permettre de surpasser le finlandais. Le piqué Zeiss est donc ici, très légèrement supérieur à celui du Canon.

Le tableau n’est pourtant pas idyllique pour Nokia. Encore une fois nous retrouvons un des talons d’Achille du 808 : sa dynamique. Il est pratiquement incapable de nuancer les dorures autours des œils de bœufs, elles sont surexposées.

Verdict => Courte victoire du 808 (0,5 point).

 


Sur cet extrait « plein extérieur » l’image du 808 commence à s’adoucir, la netteté est en baisse. Il y a clairement perte de précision, de finesse mais paradoxalement il n’y a quasiment pas de perte de détails, le piqué reste « bon ». Les différentes volutes des décors de la façade ont des contours moins clairs, mais le travail de la pierre reste perceptible. L’objectif du 650D s’essouffle aussi : même son RAW ne contient pas réellement plus de détails que le 808.

Des éléments non présentés ici, notamment une toiture en tuiles rouges, permettent au Canon de sortir la tête. Seul le RAW distingue ces tuiles. C’est probablement plus la compression JPEG du 808 qui se montre un tantinet trop destructive (les coloris ocres faisant partie des couleurs difficiles pour ce format de compression) qu’une différence optique car le JPEG du Canon n’est encore une fois pas mieux loti.

Finalement il existe un point sur lequel le 808 ne peut lutter, ce sont les distorsions optiques. La perspective est difficilement corrigée, les lignes du bâtiment se courbent légèrement vers l’intérieur de l’image. Ce sont les défauts de son optique grand angle qui s’expriment ici.

Verdict => Courte victoire du 650D (0,5 point).

 

De près

Sans rentrer sur le terrain de la macro, détaillons une photo d’un sujet proche :

La finesse de détails résolus et conservés par le 808 le place en tête. Les stries sur le flanc du pneumatique, la goupille qui maintient l’axe des plaquettes de freins, l’autocollant « anti-mondial pro-local », les reflets… Rien ne semble avoir échappé à l’objectif Zeiss.

Verdict => Large victoire du 808 (2 point).

 

De nuit

Que permet la technologie PureView face à un reflex en séance nocturne ?

Note : Pour profiter de la technologie PureView la définition du 808 a été descendue à 5MP.

Premier constat, le 808 rate la balance des blancs : l’ambiance est mal retranscrite et le bâtiment apparait grisâtre. Il semble que la balance automatique se soit faite berner par la teinte orangée du bâtiment. Elle parait avoir voulu compenser ce qu’elle a cru être un éclairage incandescent. Second constat, la balance du RAW n’est pas meilleure. Elle est en mode citrouille, bien trop vive et à mon sens plus éloignée du sujet que celle du 808. Pour une fois c’est ici le JPEG généré par le reflex qui présente la meilleure balance, le réglage appliqué est le bon. C’est l’exception qui confirme la règle…

La trame de perforation de la tôle est bien restituée par le JPEG du 650D, à nouveau le traitement appliqué par l’appareil s’avère juste. Champagne. Le RAW, lui est un peu trop doux. Sur le 808 les perforations sont suggérées mais pratiquement absentes, on est très proche de l’aplat de couleur (zone d’une image ou la couleur est uniforme). La diminution de la définition s’est faite au détriment de la conservation de ces fins détails. En revanche nous pouvons observer la démonstration d’un des intérêts du suréchantillonnage PureView : la simplification du dématriçage. Le JPEG du 650D est victime d’un léger moiré sur les parties basses de la tôle, le 808 évite cet artefact. Enfin et sans surprise le finlandais est dépassé par le japonais dans le rendu des parties très « ombragées ». Elles sont toutes proches d’être totalement bouchées.

Verdict => Victoire 650D (1 point).

 

Résultat final : Nokia 808 PureView 2,5 points / Canon EOS 650D 4 points.  

 

Rendu global

La balance des blancs est réalisée de façon assez différente par les deux appareils. En JPEG le Canon a tendance à rendre des couleurs chaudes, l’ambiance générale des images est un peu plus orangée que la normale. Le 808 lui, a tendance à présenter des couleurs froides, avec une légère dominante bleutée, voir violacée dans certaines circonstances. De ce point de vue le rendu du 808 est plus proche du RAW du 650D que ne sont les JPEG produites par le Canon. A noter que ces ambiances sont très faciles à modifier en post-production. Il sera possible de donner aux images du 808 la même balance que celle du 650D et inversement.

C’est une surprise, le traitement d’images réalisé sur le 650D en JPEG semble un poil plus « agressif » que celui effectué par le 808 :

  • l’accentuation des contours est plus forte sur le Canon ce qui a tendance a donner l’impression d’un meilleur focus, une image plus nette. Le traitement restant mesuré, il est flatteur même observé de prêt. Le 808 est plus subtil, les fins détails sont mieux préservés.
  • le réglage de compression JPEG utilise par le Canon est plus destructeur que celui choisi par Nokia en mode « superfin ».

Du point de vue des distorsions l’optique 18-55 du Canon est supérieure au grand angle du 808. Elle permettra également une meilleure gestion de la profondeur de champ que ce qu’autorise le 808, limité par son ouverture fixe.

Si le 650D surclasse nettement le Nokia sur un point c’est sur celui de l’exposition. Elle est mieux évaluée par le Canon et la dynamique de son capteur fait des merveilles. Les photos du Nokia comportent bien plus souvent des zones surexposées et/ou sousexposées. Le smartphone a certaines difficultés pour retranscrire une scène fortement éclairée sans brûler les hautes lumières, ou une scène sombre sans boucher les ombres. Voir pire lorsque, par malheur, l’image contient à la fois des parties très ensoleillées et des zones fortement ombragées.

 

Bilan photo

Même s’il ne gagne pas le 808 sort de ce comparatif avec une mention et les honneurs. Il réussit ici à tutoyer un réflex récent et ne s’est jamais réellement laissé distancer. S’ils sont dépassés par les fichiers RAW, les clichés du 808 sont régulièrement préférables au JPEG du reflex… L’anecdote de Nokia a toutes les chances d’être vraie : j’ai montré plusieurs images du 808 et du 650D à différentes personnes (dont vous, très chers lecteurs), personne n’a pu déterminer à 100% quel appareil avait produit quelle image…

Il est fort probable que changer l’objectif 18-55 qui équipa le Canon pour ce match lui permette de distancer le 808. Car aussi bon soit-il, il fait partie de l’entrée de gamme du constructeur nippon. C’est l’avantage des reflexs, entre les gammes du constructeur et les optiques compatibles créées par d’autres industriels, l’offre est suffisamment large pour trouver un objectif adapté à toutes les envies de prise de vue et tous les budgets. Qui sait si un jour il n’existera pas un standard de monte et des objectifs amovibles pour smartphones…

 

En vidéo

Comparaison sur une séquence sportive entre le finlandais et le japonais :

Image de prévisualisation YouTube

Vidéo prise par le 650D (équippé de l’optique pancake Canon EF 40 mm f/2.8).

Image de prévisualisation YouTube

Vidéo prise par le 808.

NOTE : Le découpage des séquences a été réalisé via VLC pour garantir l’absence de réencodage/modification des flux.

Une bonne partie des constats faits lors de la comparaison photo du 650D et du 808 se vérifient à nouveau. Les signatures propres à ces 2 appareils en terme de colorimétrie et de « feeling » sont retrouvées. Le 650D est bien plus efficace dans sa gestion de l’exposition. L’image produite parait plus flatteuse et plus naturelle, notamment parce que la balance des blancs toujours un peu froide du 808 n’est à priori pas la plus plaisante à regarder.

Snapshot comparant rendu vidéo du 650D et du 808. (cliquez pour visualiser en plein format)

NOTE : L’image a du être rectifiée, les 2 appareils n’ayant pas strictement le même point de vue lors de l’enregistrement.

De façon déroutante le niveau de détail conservé par le 650D déçoit, qu’il s’agisse du feuillage, des pierres ou du vttiste. Quelques explications sont fournies par un passage en revue du codec utilisé : le H.264 est ici basé sur un profil Baseline à un débit de 45Mbit/s. Même s’il n’est jamais raisonnable d’être définitif dans la comparaison « Baseline » vs. « High Profile » ; il est toujours possible de rater l’implémentation d’un High Profile que de réussir un Baseline ; ce choix reste… curieux (voir douteux, car trop basique pour un reflex). Pour moi c’est un choix inefficient. Dans l’absolu, pour un même résultat qualitatif face à un encodage High Profile (qui lui profite de l’algorithme CABAC dont je vous ai précédemment parlé) le fichier produit par le Baseline sera bien plus gros. Le seul avantage que j’y vois est une plus grande facilité de lecture, un fichier Baseline est moins « complexe » à décoder.

Pour une fois le focus du 808 ne souffre aucun reproche, il est le meilleur. Le vttiste et sa machine sont bien détaillés, même les rayons des roues sont visibles. C’est assez surprenant, surtout lorsque l’on sait que le 650D et l’optique utilisée pour cette vidéo (Canon EF 40mm) inaugurent une nouvelle méthodologie hybride de mise au point, accompagnée d’un nouveau moteur dénommé STM (comme Stepper Moteur) étudié pour la vidéo. Autant je suis persuadé que la mise au point en photo du 808 est perfectible, autant je suis très sceptique sur le résultat du focus du Canon en vidéo. J’ai d’abord pensé à un problème humain, un mauvais paramétrage du reflex. Cependant, si la trajectoire complète du vttiste décrit un arc d’environ 5 m sur ce mur, dans le champ capturé par les appareils il passe quasiment sur une ligne « droite ». Or la netteté des pierres semble indiquer que la profondeur de champ n’est pas en cause. La vérité est ailleurs…

L’enregistrement audio du 808 est très nettement au-dessus de ce que produit le micro mono intégré du Canon, pourtant épaulé par l’absence de compression de son flux PCM (16bits à 48khz). Ce dernier a par contre l’avantage de permettre le raccordement d’un micro stéréo externe via une prise jack.

 

Bilan vidéo

Cette courte comparaison vidéo est teintée d’étonnement. Du résultat des images en passant par le choix des codecs utilisés sur les 2 appareils, c’est vraiment le monde à l’envers. Le smartphone semble ici techniquement plus doué que le reflex qui n’a que sa colorimétrie et son exposition pour se consoler.

 

Conseils d’utilisation

Si le constructeur a dès l’origine clairement indiqué que le capteur n’était pas destiné à être utilisé à sa pleine définition, sa qualité est telle qu’en pratique les photos 38MP sont elles-mêmes excellentes. Voici quelques conseils qui vous permettront de tirer le meilleur parti du 808 :

  • Bonne ou forte luminosité : n’hésitez pas, vous pouvez shooter dans les plus hautes définitions,
  • Faible luminosité : profitez de la technologie PureView et shootez avec les plus faibles définitions 5, ou 3MP,
  • Préférez rester sous les 800, voir 400 ISO pour garantir de bonnes possibilités d’agrandissement (le réglage 1600 ISO est surtout là pour sauver les meubles),
  • Lorsque vous devez éviter un flou de bougé, contrôlez le temps d’obturation en forçant un réglage ISO, l’exposition ou le filtre ND,
  • Light painting/pauses longues : sortez le filtre ND (même en pleine nuit ce filtre peut vous aider),
  • Mouvements proches (sport, mécanismes, …) : n’hésitez pas à forcer le déclenchement du flash, en prenant soin de légèrement réduire l’exposition afin de parfaitement figer un mouvement ou une action rapide (attention à la portée du flash),
  • Variez les réglages d’exposition en cas de forte luminosité ou contraste (pensez à la fonction bracketing pour vous simplifier cette tâche),
  • Désactivez le géotaggage pour améliorer l’autonomie,
  • Si vous retouchez fréquemment vos vidéos, n’hésitez pas à modifier les réglages de base du 808. Baissez le contraste, la netteté et la saturation pour vous rapprocher d’un profil type Technicolor Cinestyle.

 

Points forts

  • Qualité des photographies (le niveau de détails capturé est impressionnant, à toutes les définitions),
  • Piqué de l’objectif,
  • Couverture de l’objectif grand angle,
  • Qualité globale des vidéos,
  • Qualité de la capture audio,
  • Utilisation d’un H.264 High Profile en 20Mbit/s,
  • Pléthore de contrôles manuels,
  • Résultats obtenus en mode automatique convaincants,
  • Intègre un filtre ND8,
  • Créativité permise par le zoom PureView,
  • Lisibilité de l’écran en plein soleil,
  • Flash Xénon pour les photos et torche LED pour les vidéos,
  • Réactivité de l’appareil impressionnante, compte tenu du fait qu’il jongle avec des fichiers de 38MP,
  • Capture de l’orientation (paysage vs. portrait) des clichés dans les métadonnées EXIF (cela peut paraitre anodin, mais ça diminue le travail à réaliser sur PC),
  • Versatilité : Slot micro SD, port micro USB OTG, port micro HDMI (sans oublier Transmetteur FM, DLNA, NFC).
 

Points à améliorer

  • Algorithme de calcul d’exposition perfectible,
  • Algorithme de calcul du focus perfectible,
  • Dynamique du capteur : quelques faiblesses dans les hautes lumières ou les hautes sensibilités,
  • Sensibilité prononcée de l’objectif aux lens flares,
  • Absence de modes alternatifs de calcul de mise au point et d’exposition,
  • Pas de moyen de régler manuellement la durée d’exposition (et plus généralement l’absence d’une complète équivalence aux modes PASM),
  • Absence de balance des blancs manuelle,
  • Performances en rafales poussives,
  • Absence du support du ratio 3:2,
  • Impossibilité d’accès à des fichiers RAW,
  • Impossibilité de paramétrer finement les codecs audio et vidéos,
  • Obligation d’être dans le réglage de l’exposition pour profiter de l’histogramme,
  • Comportement on/off, sans demi-mesure du flash Xénon,
  • Absence de synchro-lente,
  • Nécessité d’utiliser un accessoire (non fourni) pour le fixer sur un trépied,
  • Fonction de stabilisation numérique des vidéos qui confine à l’inutilité,
  • Calibration de l’écran,
  • Emplacement des microphones,
  • Pas de filtre physique contre le vent (micros),
  • Pas de prise pour micro externe (il aurait été intéressant de pouvoir utiliser le jack casque comme une entrée),
  • Placement et fin de course floue du bouton de déclenchement,
  • Pas d’accessoire ou d’applications pour un déclenchement télécommandé,
  • Indicateur ISO qui n’affiche pas la valeur sélectionnée lorsque l’on est passé en contrôle manuel (se contente d’afficher un sibyllin « M »),
  • Impossibilité de désactiver la reconnaissance des visages,
  • Pas de changement de carte SD appareil en marche,
  • Gros Pinaillage : Amateurisme de l’emploi de « Résolution » dans les menus pour parler de la Définition,
  • Pinaillage : Absence de support de capture vidéo haute vitesse (60 i/s, 120 i/s …),
  • Pinaillage : Localisation du flash par rapport à l’objectif (leur proximité crée des yeux rouges, heureusement compensé par l’efficace mode « anti yeux rouge »),
  • Pinaillage : Absence d’un mode HDR autonome. Le bracketing intégré oblige à réaliser la synthèse des images en post prod (NOTE : la puissance de calcul qui serait demandée au 808 pour réaliser de façon totalement autonome des photos HDR serait tout simplement colossale…).

Cette litanie impressionnante de points à améliorer ne doit pas vous mettre dans l’erreur. Cela ne veut pas dire que cet appareil est finalement moyen, mais plutôt que nous sommes exigeants. Le 808 maximise le ratio qualité/compacité : vu comme un smartphone ses performances photographiques sont excellentes, vu comme un appareil photo elles sont… excellentes. Son potentiel est important, nous regrettons que de nombreux détails « plus pro » n’aient pas été pris en compte.

 

Galerie

1 mois, 15000 fichiers, 20 Go de données et 400kg de côtes d’agneaux amassées pour la réalisation de cette review. En voici le best-of sélectionné par nos soins :

Nokia 808 PureView Greatest Hits

Ces images vous sont gracieusement fournies pour analyse afin de compléter cet article. Merci de ne pas les reproduire sur quelques médias que ce soit (presse, site, toast…) sans autorisation expresse préalable.

 

Conclusion

A qui est destiné ce smartphone ?

  • Le 808 comblera le photographe averti, qui recherche un appareil en complément à un premier équipement (type réflex), qui soit compact, réactif, fournisse des résultats de haute qualité et qui donne la possibilité de suivre l’inspiration du moment grâce à des contrôles manuels. Le célèbre « point & shoot / prêt à photographier / bloc-note photo » (rayez la mention inutile),
  • Il est idéalement destiné à tout amateur épris de qualité et de simplicité qui désire être capable d’emporter partout un excellent appareil photographique qui réserve quelques surprises supplémentaires (…dont le fait que ce soit un smartphone).

 

A qui n’est pas destiné ce smartphone ?

  • Pour les photographes qui sont trop attachés à l’amplitude des zooms optiques offerte par les compacts modernes (grossissement de 15/20 x) pour passer sur un appareil à ouverture et focale fixe (bokeh addict) ou qui ont plus simplement besoin d’un mode rafale plus énergique,
  • Pour tout ceux qui haïssent Symbian bien plus qu’ils n’apprécient la photographie…

 

Bilan

Un prodigieux appareil photo doté de tous les avantages et inconvénients de Symbian,
dont il est probablement la dernière révérence, et mes aïeux, quelle révérence.

Le Nokia 808 PureView est un appareil versatile enthousiasmant, à la limite du bluff. Avec cet appareil, Nokia présente un Point & Shoot très abouti : suffisamment performant pour vous offrir des images de hautes qualités et suffisamment réglable pour vous permettre d’exprimer votre créativité. Nokia propose une définition d’appareil originale et intéressante, le 808 pourrait même contribuer à la création d’un nouveau segment : un appareil compact, baroudeur et à focale fixe. En somme, le meilleur ami du reporter intrépide.

Il représente un jalon majeur pour l’évolution conjuguée des téléphones et des appareils photographiques, l’illustration parfaite du caractère inéluctable de ce rapprochement. Si vous n’êtes toujours pas convaincu après la lecture de cette review, il suffit de regarder l’actualité. Un des plus importants sites de test de matériel photographique vient de créer une édition dédiée aux smartphones, Nikon annonce un appareil photo sous Android et Samsung, avec sa Galaxy Camera, a accroché une fonction « tablette Android » à son appareil photo WB850F. La convergence est le maître mot de nos prochains compagnons nomades. Le futur du marché photographique promet d’être animé.

Le marché actuel de la photo est mature. La majorité des consommateurs sont déjà équipés d’appareil photos numérique, de tous types. Il est entré dans une logique de renouvellement, le besoin initial ayant été satisfait. Pour provoquer l’achat les constructeurs ont désormais 2 solutions : proposer un saut qualitatif ou un nouveau concept. La technologie PureView Pro est une réponse à ces 2 solutions. Elle fait partie des rares dénominations marketing qui ne soit pas usurpée. Certains souriront probablement en lisant ces lignes, mais je persiste : cet appareil est aussi bon que ça. La « promesse » d’images pures est tenue. Reste maintenant à le faire savoir. Lorsque l’on constate le mutisme marketing de Nokia à son égard, conjugé à sa disponibilité confidentielle, on en vient à questionner les intentions de Nokia.

Que vous soyez déjà équipé d’un compact, un bridge ou même d’un reflex et pour peu que votre matériel photographique date un peu, le 808 est un appareil à pleinement considérer lors d’un futur achat. Nos tests, bien que non exhaustifs, ont montré que le 808 arrive régulièrement à faire jeu égal face à un reflex grand-public moderne. Le tout dans un terminal suffisamment compact pour tenir dans votre poche, qui permet la captation de très bonnes vidéos au son cristallin et qui est actuellement, pour ne rien gâter, une des solutions GPS les plus complètes tous appareils confondus. Et en plus il téléphone…

A la différence de la plupart des smartphones Android, iOS ou Windows Phone actuels le 808 ne propose pas uniquement une expérience web-centric. Il vous donne accès à toute une palette d’usages supplémentaires. En tête d’affiche sa partie image, pour laquelle il est sans concurrence. Le reste du casting est à l’avenant : transmetteur FM, gestion de l’USB On-The-Go, connectique HDMI, support du NFC… par bien des égards c’est un des smartphones les plus complets de l’année 2012. Vous l’aurez compris, nous avons apprécié l’utilisation du 808. Mais il n’est pas parfait. Il marque le pas sur certains segments d’utilisation type d’un smartphone : son navigateur web natif, malgré les mises à jour, reste derrière la compétition. L’écosystème Symbian et le Nokia Store, globalement complet, vont avoir de plus en plus de mal à attirer les nouveaux développeurs et leurs futures killer-apps. La boutique va continuer de perdre de vue les autres OS sur le terrain des applications. Sa gestion des mails est également perfectible, tout comme son clavier natif. Et même si des applications tierces comme Opera Mobile ou Swype permettent de combler certains défauts, il n’est pas recommandable à tout le monde. Toute la question sera de déterminer vos critères d’usage personnels primordiaux. Êtes-vous attirés par son aptitude à être votre couteau suisse numérique ?

Après 1 mois passé en compagnie de cet appareil, une seule question reste sans réponse : pourquoi Nokia n’a pas voulu être plus ambitieux et cherché à distribuer le 808 via les réseaux de photographes ?