Vers un nouvel illimité ?


 Le 05/07/10

Suite à une enquête de l’UFC Que Choisir concernant les connexions 3G en France et surtout après l’analyse des résultats, l’UFC Que Choisir envoie un ultimatum aux opérateurs français. Le principal sujet de mécontentement ? L’Internet « illimité » 3G sur mobile.

D’après l’enquête, 41% des français s’estiment non satisfaits de la connexion 3G sur leur mobile. 21% sont essentiellement en 2G/EDGE (et paient leur forfait 3G illimité) et 29% ne sont pas satisfait de leur débit lorsqu’il arrivent à être dans une zone 3G.

Concernant les vitesses de chargement, 30% des utilisateurs estiment les chargements trop lents.

Mais au delà des performances, le véritable problème provient des blocages et restrictions diverses des opérateurs. Et c’est essentiellement sur ce point que les opérateurs doivent changer d’attitude.

L’utilisation du terme « illimité » devient de plus en plus inadapté. Comme le souligne l’UFC Que Choisir, l’illimité des opérateurs n’est pas un véritable illimité. Entre le bridage en terme de volume de données transférables par mois et les blocages et restrictions empêchant l’accès à certaines fonctionnalités sans oublier le bridage des vitesses de connexion, vitesse qui se situe généralement très loin derrière les vitesses annoncées par l’opérateur, on se demande jusqu’à quand SFR, Orange, Bouygues Telecom (et les MVNO) vont continuer à nous prendre pour des pigeons ?

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En tant que geek assumé, j’ai été et je suis régulièrement (quotidiennement) confronté à ces restrictions de la part des opérateurs. Les personnes chez Orange doivent connaître la manipulation pour by-passer le proxy, ceux chez SFR doivent souscrire à une option à 9€/mois (« full internet ») pour pouvoir télécharger sur Android Market et exploiter à fond son appareil Android (c’est une honte !) et ce n’est pas réservé à Android, tous les terminaux sont concernés, à différents degrés. Impossible d’utiliser certaines applications de messagerie instantanée par exemple, etc.

La raison est simple, et les opérateurs ont toujours fonctionné comme ça. Pour les SMS c’était pareil à l’époque, ils ont voulu profiter au maximum du filon avant de commencer à proposer des offres illimitées (réellement). C’est comme un élastique qu’on tire jusqu’à ce qu’il craque. Pour l’Internet sur mobile, les opérateurs tirent, l’élastique est déjà craqué, mais ils rafistolent avec des morceaux d’iPhone 4 et autres nouveaux terminaux pour continuer à en profiter.

C’est dans ce cadre que l’UFC Que Choisir saisit les pouvoirs publics pour aboutir à un meilleur encadrement des offres des opérateurs mais aussi de la communication autour :

  • N’utiliser le terme « Internet » que pour désigner un accès universel à tous les contenus disponibles sur le Web ainsi qu’à tous les protocoles et technologies qui lui sont liés. Fait allusion aux restrictions technologiques.
  • Ne plus qualifier d’« illimitées » des offres soumises à un quota de données échangeables. Utilisation du terme illimité à légiférer et essentiellement autour de l’illimité avec limite de volume de données.
  • Imposer aux opérateurs de fournir à leurs clients une information claire et précise sur les caractéristiques du service fourni (vitesse, couverture, saturation des réseaux, etc.). Demande de plus de transparence, ça ne serait pas du luxe !

Il fallait bien que cela explose un jour, ce n’est pas encore une révolution mais je pense que nous allons dans le bon sens.

Plus d’infos sur le site de l’UFC, via Clubic

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