Nokia Lumia 920 PureView – l’analyse photo/vidéo


Par Fneuf,
 Le 19/03/13

PureView. Le terme de l’année 2012 pour Nokia. Le terme utilisé par les finlandais pour désigner toute technologie avancée liée à l’image et qui ouvre de nouvelles possibilités pour ses clients.

Après le fantastique 808 PureView, ce Lumia 920 marque la première incursion de la technologie finlandaise PureView sous Windows Phone, LA plateforme d’avenir pour Nokia. Le moment est donc important. Détaillons et analysons ensemble les capacités photographiques et vidéo du Lumia 920.

  • Le Lumia 920 est-il la révolution annoncée par Nokia ?
  • Le badge PureView aura t-il toujours autant de sens ?
Note : ceci est une analyse technique photo, vidéo, avec un passage par la technologie d’écran, du Lumia 920. Ce dossier vient compléter le test du 920, déjà publié.

Avant propos

Chez Nokia le badge PureView représente la promesse d’une expérience photo/vidéo de premier ordre. Mais si les PureView se suivent, ils ne se ressemblent pas.

PureView Phase 1, étrenné par le 808 PureView, propose un incroyable capteur de 41 MégaPixels accompagné d’algorithmes de sur-échantillonnage afin d’émuler un zoom, capter plus de lumière et délivrer des résultats exceptionnels. Le prix à payer est un encombrement supérieur à la moyenne.

Le Lumia 920 emprunte une autre route, PureView Phase 2. Il utilise une nouvelle architecture de capteur, d’une définition et d’une taille standard et embarque une optique très lumineuse, stabilisée. Cette voie permet de conserver un module photographique de taille classique. Ainsi, le smartphone garde une épaisseur compétitive.

 

Spécifications techniques Photo/Vidéo

  • Optique
    • Construction : Carl Zeiss Tessar, 5 lentilles asphériques,
    • Ouverture : f/2.0
    • Longueur Focale : 3,73 mm (équivalence 24×36 : 26mm [en 16:9], 28mm [en 4:3]),
    • Plage de mise au point : 8 cm à l’infini,
    • Obturateur : électronique,
    • Stabilisation optique : type « barrel shift », gain annoncé de 3EV/IL,
  • Capteur
    • Technologie : Toshiba CMOS BSI,
    • Format : 1/3”,
    • Définition
      • Totale : 3552 × 2448 (soit environ 8,7 MégaPixels),
        • Taille des photosites : 1,4 µm
      • Utile au format 4:3 : 3264 × 2448 (soit environ 8 MégaPixels),
      • Utile au format 16:9 : 3552 × 1998 (soit environ 7,1 MégaPixels),
  • Flash : 2 LEDs à haute puissance et décharge rapide,
  • Encodage
    • Photo : JPEG et EXIF,
    • Vidéo : 1080p30 H.264/MPEG4-AVC1 High@L4.0 20Mbit/s VBR,
    • Audio : AAC-LC, 96 kbit/s ABR, monaural, échantillonnage à 44,1kHz.

 

Ergonomie et prise en mains

Le Lumia 920 est un bel objet, d’apparence solide. Sa conception unibody lui permet d’éviter tout soucis d’ajustement des pièces : rien ne bouge, rien ne craque.

Fonctionnellement, sa préhension est excellente en utilisation smartphone. Malgré sa taille, sa face arrière concave le place assez confortablement dans la paume. Mais sa finesse et ses rondeurs compliquent son utilisation photographique. Il peut avoir tendance à glisser ou bouger dans la main. Cet état n’est pas amélioré par la texture lisse de sa finition glossy. Si par malchance vous venez à être bousculé alors que vous preniez une photo, l’appareil a toute les chances de vous échapper… C’est dans ces circonstances que porter une dragonne peut sauver votre appareil. Seulement ici, Nokia a fait l’impasse sur l’accroche à dragonne. Il est donc assez difficile de sécuriser les manipulations de l’appareil.

Le poids de ce smartphone a fait couler beaucoup d’encre. Certes avec 185g il est indéniable qu’il apparait lourd comparé à ses concurrents. Seulement :

  1. 185g c’est environ le 1/3 du poids d’une bouteille d’eau de 50cl,
  2. à l’instar de mon commentaire lors de la review du 808 PureView « ce poids est souvent un allié pour l’utilisation photo/vidéo. Il permet une meilleure stabilisation de l’appareil par l’utilisateur. Il est plus souvent difficile de manier un objet très léger sans trembler, qu’un objet un peu plus « charnu ». C’est un des intérêts du format des reflex face aux appareils compacts (sans oublier que le viseur optique d’un reflex permet de le porter contre son visage, ce qui ajoute un 3ème point de contact très stable aux 2 mains). » En comparaison le très svelte iphone 5 (112g) est plus compliqué à maintenir en position lors d’une prise de vue.

Comme souvent chez Nokia le 920 dispose d’un déclencheur physique à 2 étages (le 1er étage est dévolu à la mise au point et le 2nd déclenche). Malheureusement cette bonne idée est gâchée par sa réalisation. La fin de course de ce bouton est ici extrêmement floue, difficile à jauger. Cette sensation gâche un peu le plaisir lorsque l’on mitraille.

 

Interface et fonctionnalités

Interface

Petit détail pratique, vous pouvez accéder directement à l’application sans déverrouiller le Nokia. Un simple appui long sur le déclencheur physique suffit. L’interface photo proposée par Windows Phone 8 est assez minimaliste :

  • Bascule caméra : frontale / principale,
  • Filtres : les fameuses Lenses, nouveauté de Windows Phone 8,
  • Flash : forcé, automatique, sans,
  • Scènes : Automatique, Macro, Nuit, Portrait de Nuit, Sports, Rétro-éclairage (NDLA : c’est une [très] mauvaise traduction, contre-jour aurait été préférable),
  • ISO : automatique ou manuelle (100, 200, 400, 800),
  • Correction d’exposition : ±2 EV/IL (pour Exposure Value en anglais et Indice de Lumination en français) par paliers de 1/3 EV,
  • Balance des blancs : Automatique, Nuageux, Journée, Fluorescent, Incandescent,
  • Ratio : 16:9 ou 4:3,
  • Assistance focus : actif / inactif.

Cette interface est la première surprise pour un appareil orienté image. Elle se montre avare en réglages, une déception pour les utilisateurs avancés. Les réglages de bases (ISO, exposition, balance) sont présents mais manquent de richesse,  la liste des omissions est longue : focus, retardateur, bracketing, résolution, compression, saturation, netteté, etc. Plus surprenant encore c’est une régression face à Windows Phone 7… Seule l’apparition d’un accès direct au flash marque un progrès.

La seconde (mauvaise) surprise vient de son ergonomie. En terme de productivité, elle marque le pas sur le premier appareil PureView de la marque, le 808. Morceaux choisis :

  1. Modifier le réglage ISO sur le 920 nécessite 5 actions, là où le 808 n’en réclame que 2,
  2. Malgré le peu de réglages offerts la liste s’avère grande, trop grande,
  3. Plusieurs options qui n’admettent que 2 choix obligent à naviguer à travers un menu déroulant : pourquoi ne pas avoir utilisé un très simple « bouton interrupteur » ?
  4. Il vous faudra toujours penser à appuyer sur « enregistrer » pour valider vos modifications.

En résumé, la distance à parcourir pour modifier un réglage est trop souvent fastidieuse :

Ergonomie passable de l'UI photo/vidéo sous WP8.

Ergonomie passable de l'UI photo/vidéo sous WP8.

A la longue c’est assez frustrant pour quiconque aura manipulé le 808 (ou toute interface photo/vidéo sérieusement conçue). Sur cette itération logicielle, les codes de design de l’interface Windows Phone sont ici contre productif. Sans aucune envie d’auto-troller cet article, il ne peut être passé sous silence qu’il subsiste des points d’ergonomie sur lesquels Windows Phone à encore beaucoup à apprendre de Symbian.

La troisième mauvaise surprise, selon moi son défaut principal, réside dans son absence de mémoire. Dès que vous quittez l’application, vos réglages sont perdus. C’est un nouveau point frustrant pour les utilisateurs avancés.

 

« Sonnerie + Sons »

Focus sur un point un peu « limite » de cet OS, qui lui confère un léger aspect gadget. Couper les sons de l’appareil photo nécessite de passer en profil « vibreur ».

Tous les sons sous Windows Phone 8 (sonneries, avertissements, musique, …) sont aujourd’hui gérés via un unique réglage.  Tous ? Non ! Car un groupe d’irréductibles applications résiste encore et toujours au contrôle du volume : même en profil vibreur elles continuent de couiner, imperturbables (telle l’application de capture d’écan). La fête ne s’arrête pas là car la réciproque est vraie. Modifier le volume dans une application modifie le volume de votre sonnerie.

Là où ce point de détail, qui pourrait faire sourire, devient véritablement caustique, c’est que dans l’interface photo le seul indice qui vous permet de savoir que l’appareil a réussi une mise au point est un indice sonore : un court bip… Vous imaginez facilement ce qui advient de ce bip lorsque le mode vibreur est actif… En résumé soit vous disposez d’un appareil photo discret, mais sans pouvoir savoir si la mise au point s’est faite, soit le son du déclenchement vient troubler la quiétude des paisibles quidams qui vous entourent. Je vais être dur, mais le seul commentaire que m’a inspiré cette inefficace gestion des profils sonores est le suivant : LOLILOL.

Dernier point à propos des sons, très personnel. Le son qui se produit lors de la prise de vue me perturbe. Je ne suis pas arrivé à déterminer avec certitude s’il cherchait à imiter le son de l’obturateur, le son du mouvement du miroir ou le son de l’avancée de la pellicule dans un appareil argentique. Je ne suis pas non plus arrivé à ressentir s’il est lu lors de la prise de vue (et qu’il indique qu’il ne faut surtout pas bouger) ou après la prise de vue (et qu’il indique alors que vous pouvez reprendre une activité normale).

 

L’appareil supporte également la mise au point manuelle par toucher de l’écran (touch-to-focus). Petite contrainte, toute caresse du doigt sur l’écran entrainera mise au point et capture immédiate de la photo, sans temps mort. Cette volonté de simplicité (1 seule action pour prendre la photo) peut s’avérer gênante suivant vos besoins de prise de vue, que vous ne pourrez préparer à l’avance. Autre limite, en vidéo le focus tactile n’est pas supporté.

La bascule entre les applications photo et vidéo se fait très simplement, via un bouton tactile présent sur l’interface principale. Et en vidéo l’interface proposée par Windows Phone 8 est encore plus minimaliste :

  • Bascule caméra : frontale / principale,
  • LED : active / inactive (NDR : c’est un réglage à faire avant de lancer un enregistrement),
  • Balance des blancs : Automatique, Nuageux, Journée, Fluorescent, Incandescent,
  • Mise au point continue : active / inactive,
  • Qualité Vidéo: 1080p ou 720p (NDR : bizarrement 720p est le réglage par défaut, pensez à le modifier).

A noter que l’OS propose un zoom numérique 4x en photo et vidéo (le réglage n’est pas accessible lors de l’enregistrement) via multi-touch tactile (le célèbre pinch-to-zoom). Personnellement je préfère le geste à un doigt employé sur le 808, naturel et très simple. Zoom numérique oblige (utiliser un algorithme pour imaginer artificiellement des détails dans une image), le résultat n’est pas exceptionnel mais cela peut dépanner. C’est ici une régression pour les habitués de la marque. Les précédents photophones (N86, N8 et 808 PureView) proposent un zoom numérique sans perte en vidéo. La réserve de pixels fournis par les 8, 12 ou 41 MégaPixels du capteur est utilisée pour pouvoir restreindre l’image produite à une sous-partie du capteur : zoomer à la surface du capteur en conservant un flux 1080p intact en sortie (c’est le principe du zoom PureView, émuler un zoom optique). Il est regrettable que Nokia n’ait pas ici implémenté cette fonctionnalité très qualitative.

Bilan : A trop rechercher la simplicité, l’UI photo/vidéo perd en efficacité.

 

Lenses

Les Lenses sont une collection d’applications diverses et originales, liées à l’appareil photo, à la façon de « plugins ».

Creative Studio

Une application qui rassemble plusieurs filtres : argent, ivoire, coquillage, quartz, jade, bleu-vert, ambre et opale (NDR : ne venez pas me demander pourquoi ils ne sont pas triés par ordre alphabétique).

Les filtres du Creative Studio.

 

Bing Vision

Cette Lense permet de scanner des code-barres (UPC codes, QR codes, tags Microsoft, …), des pochettes (CDs, DVDs et jeux vidéos) pour réaliser des recherches en ligne sur ces articles scannés. Elle permet également de faire de la reconnaissance de texte, de traduire le texte reconnu et de réaliser des recherches à partir de portions du texte reconnu.

 

Panorama

Le nom est suffisamment clair, cette application a pour mission de vous aider à réaliser des panoramas. Utile, en l’absence encore récente de PhotoSynth (qui permet de réaliser des panoramas immersifs, à 360° sur tous les plans), mais pas parfait. Les résultats sont parfois aléatoires, il faut parfois répéter ces clichés si on souhaite évite cet effet :

Un Panorama problématique.

Les panoramas les plus larges ont régulièrement tendance à perturber le fonctionnement de l’application. A noter que la résolution de sortie (non réglable) est souvent bonne (11715 × 1532 dans l’exemple ci-dessus).

 

SmartShoot

Cette application permet de rectifier les photos prises, qu’il s’agisse de supprimer un objet inopportun ou sélectionner le meilleur visage d’un de vos sujets lors d’une prise de portrait. Elle prend une rafale de 5 images et vous permet de composer l’image finale à partir d’éléments tirés de ces 5 photos :

Suppression d'un élément étranger.

 

Cinemagraph

Cette application permet de réaliser de courtes séquences animées. L’idée est intéressante et vient bousculer les frontières entre photo et vidéo. Elle vous permet de créer de minuscule poèmes. C’est un régal pour la créativité et c’est mon coup de cœur parmi les Lenses disponibles.

Wiiiiiiz.

Deux reproches :

  • Elle n’utilise pas le format GIF par défaut mais un obscur format propriétaire (.npo). Il est nécessaire de réaliser une opération de conversion dans l’application pour pouvoir facilement partager le résultat. Toutefois, l’utilisation de ce format permet de retoucher les animations après leur création.
  • Elle ne reconnait pas automatiquement l’orientation du téléphone. Quelle que soit la position du smartphone, l’image sera enregistrée en format paysage.

 

 

Performances matérielles

Ecran

Nokia_Lumia_920-screenLe Lumia 920 est équipé d’une dalle LCD de technologie IPS (In-Plane Switching). Connue pour être aujourd’hui la technologie la plus performante dans les domaines colorimétrique (fidélité de la reproduction des couleurs) et d’angles de vision, ses seules limites tiennent à un taux de contraste souvent faible et à une réactivité moyenne.

C’est justement pour répondre à ces faiblesses de l’IPS que Nokia a créé PureMotion HD+. Innovation à laquelle nous avons consacré un dossier spécial. Derrière ce terme se cachent plusieurs solutions techniques pour apporter lisibilité, réactivité et haute sensibilité à l’écran.

N’y allons pas par 4 chemins, c’est un des meilleurs écrans pour smartphone que nous ayons vu. La finesse de restitution permise par sa définition (332 ppp grâce à un écran 1280 × 768 de 4,5″ au ratio 15:9) est très agréable, la fidélité des couleurs est très bonne et l’algorithme en charge de la gestion de la luminosité et du contraste de l’écran en fonction de l’éclairage ambiant se révèle assez efficace à l’usage. La puissance de son rétro-éclairage, son filtre CBD et sa dalle légèrement brillante lui permettent de surcroit d’être lisible en plein soleil. Enfin la réactivité semble en apparence bonne.

 

Réactivité de l’écran PureMotion HD+

Seulement chez Test-Mobile nous ne nous arrêtons pas aux apparences, nous ambitionnons de les dépasser. C’est pourquoi nous nous sommes livrés à un test de cette fameuse réactivité :

  • L’écran du 920 est annoncé pouvoir tenir un taux de rafraichissement de 60 i/s,
  • A cette cadence une nouvelle image est calculée et doit être affichée toutes les 16,7 ms (1/60).

Or ce chiffre n’est pas atteignable par un écran IPS standard qui peine à descendre sous les 25 ms. Le GPU va alors envoyer à l’écran une image, alors que l’écran n’aura pas terminé l’affichage de la précédente… Deux impacts : l’apparition de la rémanence qui décrit le fait qu’une image affichée contient en partie les restes d’une ou plusieurs images précédentes et une sensation de flou dans les contours et les couleurs. Autant de points qui nuisent à la qualité de restitution et au ressenti de l’utilisateur.

C’est là que PureMotion HD+ entre en scène. Via l’utilisation de la technique de l’Overdrive, la réactivité de l’écran IPS doit grandement s’améliorer. Principe du test :

  1. Il va être demandé à l’écran d’afficher une animation à 60 Hz (tirée de mon site test de référence). L’animation est constituée de 10 barres qui défilent de droite à gauche.
  2. L’écran va alors être pris en photo avec un temps de pause 8 fois plus court (1/500 s) que sa fréquence d’affichage, afin d’évaluer si des images se mélangent (= trop de barres sont affichées). Le but est bien entendu de déterminer si PureMotion HD+ réussi sa mission,
  3. Plusieurs tests sont réalisés pour évaluer la rapidité de transition entre différents niveaux de gris. Chaque test étant répété de multiples fois.
  4. Si  plus de 10 barres sont comptées à l’affichage, le nombre de barres supplémentaires caractérise la faiblesse de la réactivité. Si certaines barres extérieures sont d’une intensité inférieure à celles centrales, elles caractérisent également la faiblesse de réactivité.

Résultats :

Test de la réactivité de l'écran du Lumia 920

PureMotion HD+ // Réactivité Gris à Gris

Test de la réactivité de l'écran du Lumia 920

PureMotion HD+ // Réactivité Noir à Blanc

Le verdict est tout à l’honneur de l’appareil. Au pire nous observons que :

  • Le retard d’affichage dans les transitions noir vers lumière (la « tête » de l’animation) atteint 1 barre, ce qui ici correspond à 1 retard d’1 image, soit 16,7 ms,
  • Le retard d’affichage dans les transitions lumière vers noir (la « queue » de l’animation) atteint 1 barre, ce qui ici correspond à 1 retard d’1 image, soit 16,7 ms.

Le temps nécessaire aux cristaux liquides pour réaliser leurs variations de transparence est conforme aux prétentions affichées par Nokia. L’overdrive implémenté par PureMotion HD+ est efficace.

Pour comparaison voici ce que donne l’écran d’un iPhone 4S, qui présente un temps de transition qui peut dans le pire des cas observés sur ce test atteindre 3 barres, soit 50 ms.

Réactivité de l'écran d'un Apple iPhone 4S

Lors de mon test la mauvaise surprise est venue du traitement Gorilla Glass, qui ici ne m’a empêché de rayer l’écran du Lumia 920 dans le cadre d’une utilisation « standard ». C’est une première pour moi en test.

Enfin, petit reproche, la dalle est un peu trop brillante à mon goût. Sous certains éclairages elle sera propice à capter des reflets.

 

Performance & réactivité

La réactivité générale de l’appareil est très bonne, l’expérience utilisateur y est très plaisante. La fluidité de l’interface est remarquable,  les temps morts sont très rares.

Windows Phone se veut être un OS plaisant à utiliser et c’est souvent le cas. C’est un point que Microsoft surveille de près depuis l’écriture du code jusqu’à la plateforme matérielle utilisée par le fabricant. C’est ici une réussite. Le Lumia 920 est un terminal agile. Voici les performances de son module image :

Ce sont des performances correctes. Si la rapidité du focus n’est pas enthousiasmante, elle reste conforme aux smartphones concurrents. L’absence d’un mode rafale est probablement le plus gros manque, la plupart des smartphones haut de gamme sortis récemment en dispose. C’est d’autant plus dommage que certaines Lenses prennent des photos en rafale pour leurs besoins de traitement (SmartShoot par exemple)… Un comble !

 

Capteur

Architecture

C’est en passe de devenir un standard parmi les smartphones, le capteur du 920 est de type CMOS BSI (pour Back-Side Illuminated). En clair, la tringlerie électronique a été remisée au dos du capteur et ne vient plus perturber le trajet de la lumière vers les photosites (appelés « substrate » sur le schéma ci-dessous). C’était le cas sur les anciennes générations de capteur, dont l’architecture est dénommée FSI (pour Front-Side Illuminated) :

Comparaison des architecture des capteurs CMOS.

Cette nouvelle architecture possède un avantage de poids : maximiser la lumière reçue par les photosites. Elle ne peut plus être en partie réfléchie ou masquée par les circuits électroniques auparavant positionnés entre la lentille et le photosite. Cette conception autorise 2 stratégies :

  • Produire des capteurs plus compacts : le but est ici d’obtenir une équivalence entre la performance lumineuse d’un capteur FSI et d’un BSI. Le meilleur rendement lumineux d’un BSI permettant de diminuer la taille des photosites (les photosites « petite taille » d’un BSI captant autant de lumière que les photosites« moyenne taille » d’un FSI),
  • Augmenter la performance : profiter du meilleur rendement d’un BSI pour maximiser la lumière reçue par ses photosites.

L’architecture BSI apparait sur le papier simple et géniale, mais elle pose de nombreuses contraintes techniques (particulièrement en fabrication). De fait il est impossible de dire qu’un capteur est meilleur qu’un autre sous prétexte qu’il est BSI. Il existe de bons BSI comme il en existe de mauvais. Du point de vue de Nokia, la technologie BSI est enfin arrivée à maturité. C’est pour cela que le Lumia 920 serait le premier appareil de la marque à en être équipé.

Aucune certitude mais le capteur du 920 pourrait être une évolution du Toshiba T4K04, Toshiba étant un partenaire de longue date des finlandais.

 

Ratio

L’appareil construit par les finlandais dispose d’un capteur au format original, proche d’un 14:10. Ceci lui permet de supporter en quasi pleine définition les ratios 4:3 et 16:9, là où les autres appareils tronquent leurs images (et perdent en définition). Soit ils disposent d’un capteur :

  • au format 4:3 et réduisent la hauteur de l’image affichée pour produire du 16:9,
  • au format 16:9 dont ils tronquent les bords pour produire une image 4:3.

Le 920 et son capteur 14:10 travaille à pratiquement pleine définition sur ces 2 ratios :

Le format du capteur du Lumia 920.

A noter que la focale évolue légèrement en fonction du ratio sélectionné. De 26 mm en 16:9 elle passe à 28 mm en 4:3 (exprimé en équivalence au format 24×36).

 

Gestion du bruit numérique

Pour les plus fidèles lecteurs rendez-vous dans trois paragraphes, pour les autres session de rattrapage : « Pour bien comprendre le phénomène de « bruit numérique » un parallèle avec l’audio s’impose. Lorsque vous coupez toutes les sources sur votre chaîne hi-fi et que vous augmentez le volume, vous constatez de façon paradoxale que vos enceintes produisent quand même un son. Un souffle confus, un bruit plus ou moins désagréable. Ce que vous entendez alors est littéralement le bruit généré par les circuits de votre chaîne. Ce son est en réalité toujours présent, simplement d’habitude il est masqué par la musique. En montant le volume vous l’avez amplifié jusqu’à le rendre parfaitement audible.

En photographie ce principe s’applique également. En condition de faible luminosité très peu de photons viennent frapper le capteur. L’intensité du signal donné par le capteur est alors si faible qu’il est nécessaire de l’amplifier. Cette opération va dévoiler le bruit, lui aussi amplifié. Totalement artificiel, ce défaut engendré par les divers composants électroniques du et autour du capteur ne fait pas partie du message original à retranscrire. Et plus le signal reçu sera faible plus le bruit sera proportionnellement important, donc visible. C’est pourquoi plus vous montez dans les ISO, plus un capteur va « produire » de bruit.

En image le bruit est divisible en deux catégories :

  • le bruit de luminance : modifie l’intensité lumineuse des pixels (il concerne les artéfacts présents dans les teintes « grises »),
  • le bruit de chrominance : modifie les couleurs des pixels (il concerne les artéfacts colorés). »

Le capteur CMOS du 920 propose une plage de sensibilité assez standard ; de 100 à 800 ISO ; accessible via 4 paliers : 100/200/400/800. Sur le papier la dynamique du capteur semble conforme à la performance souvent retrouvée sur les smartphones : limitée.

Monter plus haut dans les ISO permet de travailler dans des environnements plus sombres en limitant les flous de bougé. Mais encore faut-il que les résultats produits à de telles sensibilités soient suffisamment bons pour être « regardables ». La comparaison suivante permet de juger la maîtrise du bruit du capteur du Lumia 920 :

  • axe vertical : il présente la montée en bruit du capteur avec l’augmentation de sa sensibilité (donc de l’amplification),
  • axe horizontal : il illustre l’intérêt du réglage « Nuit » dans la gestion du bruit.

Lumia 920 - Comparaison ISO (cliquez sur l'image pour visualiser une version lossless)

Des huit images, seule celle prise en mode « Automatique » et à 100 ISO est (étrangement ?) conforme à l’ambiance de la scène capturée. Toutes les autres sont beaucoup, beaucoup trop éclairées. En fait le mode « Nuit » est plutôt stéréotypé. Nokia y a fait le choix d’artificiellement éclaircir les images, notamment en abusant de temps d’exposition plus long (jusqu’à 1 seconde), jouissant ainsi d’une des possibilités offertes par la stabilisation optique. Ce choix est discutable car lorsqu’il est activé la dynamique du capteur est mise à mal dès 100 ISO. Les zones les plus éclairées du bâtiment apparaissent saturées, un indice qui montre que les photosites captent déjà « trop » de lumière.

Un exemple de stéréotype : quel autre smartphone trouverait un ciel bleu à 22h en décembre ?

L’autre surprise vient du niveau de bruit produit par le capteur. Nous pouvons déjà en observer à 100 ISO, sensibilité la plus basse. Le lissage réalisé pour limiter ce bruit contribue à la perte de détails. Un des bénéfices du mode « Nuit » semble concerner le traitement du bruit de chrominance, qui jusqu’à 400 ISO est mieux contrôlé qu’en mode Automatique. Ceci se fait encore une fois au détriment de la conservation des détails et conditionne l’apparition d’artefacts, conséquence probable de l’accentuation qui tente de limiter la casse.

Pour autant le traitement du bruit est assez bon. Les images, bien qu’animées d’une surnaturelle luminosité, restent satisfaisantes à regarder. Nous avons déjà vu bien pire. Et s’il y a bel et bien perte de détails au fur et à mesure de la montée ISO, il n’y en avait déjà pas énormément à l’origine.

NDR : le 920 est un appareil au caractère imprévisible. Pour ce test ISO, plusieurs dizaines de clichés ont été réalisés. Alors que les mêmes réglages et la même position de l’appareil étaient conservées, les résultats varient plus ou moins subtilement (pour chaque réglage c’est le « meilleur » cliché qui est présenté dans l’image ci-dessus). Un impact probable de la non débrayabilité de la stabilisation, un point que nous allons aborder sans plus attendre.

 

Qualité optique

La stabilisation

Principe

C’est la grande nouveauté photo apportée par le Lumia 920, il profite d’une stabilisation optique. A la différence d’une stabilisation numérique, la stabilisation optique est un procédé mécanique :

  • Stabilisation numérique (DIS) : un algorithme retaille en permanence l’image pour en garder une zone stable, dans la continuité de l’image précédente. En plus de la performance quelquefois douteuse des algorithmes embarqués sur les smartphones (réalisé en post-production avec des logiciels puissants les résultats sont tout autres), ce procédé implique un rognage de l’image. Donc une perte de définition et de détails sur les bords. C’est la raison pour laquelle le champ de vision d’un iPhone diminue en enregistrement vidéo.
  • Stabilisation optique (OIS) : certains éléments parmi tous les composants de la chaîne photo se déplacent pour compenser les petits mouvements de l’utilisateur. Pourquoi « petits déplacements » ? En regard de la taille du module caméra il faut bien imaginer qu’il ne peut se déplacer que sur de très petites distances, millimétriques.

Quel intérêt pour l’utilisateur ? En compensant une partie de vos mouvements, la stabilisation vous permet de laisser l’obturateur ouvert plus longtemps.

Cela permet de capter plus de lumière sans que la photo obtenue soit floue. Nokia annonce un gain de 3IL avec son système ce qui équivaut à pouvoir multiplier par 8 la quantité de lumière reçue (pour chaque IL gagné la quantité de lumière perçue double). C’est un peu comme si vous pouviez :

  • monter artificiellement la sensibilité 100 à 800 ISO,
  • laisser l’obturateur ouvert 1/4s au lieu de 1/30s.

Sur le Lumia 920 la solution retenue par Nokia est de type « Barrel Shift« . Concrètement, c’est l’ensemble du bloc optique (les 5 lentilles de l’objectif) qui bascule suivant 2 axes (transversal et longitudinal au smartphone) tandis que le capteur reste fixe par rapport à l’appareil.

Pour simplifier le principe il vous faut imaginer que l’objectif est monté sur 4 ressorts dynamiques dont les contractions seraient pilotés en temps réel (500 fois par secondes) afin de contrer les petits déplacements de l’appareil. C’est une solution parmi plusieurs. L’avantage de ce procédé est qu’il est pratiquement sans impact sur les dimensions du module caméra. C’est un point majeur dans la conception d’un smartphone, les dimensions globales et en particulier l’épaisseur sont excessivement challengées. L’inconvénient de ce procédé est que les effets de la stabilisation sont plus perceptibles au centre de l’image qu’à l’extérieur, qui pourra conserver un aspect légèrement flou. Pour éviter cela il aurait fallu s’assurer que l’ensemble du module caméra bascule de concert (objectif et capteur), au prix d’un encombrement supérieur.

Cette réalisation est une première sur un smartphone et c’est une excellente chose, quelque chose que nous attendions depuis des années chez Test-Mobile. Si la technologie de stabilisation optique est connue et maitrisée depuis des années, Nokia a ici su la miniaturiser pour l’adapter à un smartphone. C’est un enthousiasmant bond en avant.

 

Limites

Petit défaut, la stabilisation n’est pas débrayable. Vous l’aurez peut-être déjà remarqué sur les appareils photo experts, tels les reflexs, la stabilisation est désactivable. Pourquoi ?

  • Lorsqu’un appareil stabilisé est utilisé sur un trépied photographique ses circuits de stabilisation cherchent vainement à compenser des mouvements inexistants. Tant et si bien qu’au final cela provoque des tremblements dans l’élément sensé être stabilisé : tout le contraire de l’effet escompté. Le principe est similaire à celui de l’effet Larsen que vous avez déjà surement expérimenté en audio, où le moindre chuchotement est amplifié. Seules les plus récentes optiques commencent à disposer de circuits capable d’identifier ces situations et désactivent automatiquement la compensation.
  • Lors de la réalisation d’un travelling ou d’un filé (filmer en déplaçant horizontalement la caméra) la stabilisation va interférer. Elle va vouloir compenser un mouvement qui est en fait désiré par l’utilisateur. Ceci va diminuer la qualité de la prise de vue. Nokia indique avoir spécifiquement travaillé sur la détection du travelling en vidéo et sa non compensation. Mais en photo, le problème de l’obtention du filé reste entier.

 

Développement de la solution

Mis à part en citant leur partenariat public avec Carl Zeiss, Nokia a strictement refusé de communiquer sur les partenaires techniques et industriels rassemblés autour du berceau du Lumia 920 (et pourtant j’ai essayé). Une question mérite d’être posée : avec qui Nokia a t-il travaillé sur cette stabilisation ?

A ma connaissance la seule société ayant présenté des prototypes de modules caméra suffisamment miniature, qui disposent de stabilisation optique et en particulier de type barrel shift est Cambridge Mechatronics (aussi connu sous le nom de CMS). Je pense tout particulièrement à leur architecture « SOS » pour Smart metal OIS barrel Shift, présentée en mars 2012 qui repose sur un alliage à mémoire de forme dont la déformation est contrôlable. Un tel partenariat est une possibilité.

L’autre possibilité serait que Nokia se soit servi de ses propres travaux sur le sujet. Il est assez facile de trouver en ligne plusieurs brevets déposés par les finlandais qui concernent la stabilisation optique. Je pense notamment au WO2009122006 (pdf consultable ici) : « Camera module having movable lens ». Littéralement « Module de caméra ayant un objectif mobile »…Dans le texte accompagnant le brevet il est explicitement fait mention de stabilisation optique à destination des téléphones mobiles.

Ce brevet met en œuvre la plus traditionnelle, mais plus encombrante, architecture VCM (pour Voice Coil Motors, des bobines magnétiques). Elle est très souvent utilisée comme procédé de stabilisation par les « vrais » appareils photographiques et les objectifs photographiques dédiés, mais aussi comme mécanisme d’autofocus. Le brevet US 8189280 « Voice Coil Motor With Pulse-Width Modulation Driver » est d’ailleurs dédié à cette technique, bien qu’il n’y soit pas fait explicitement mention d’un usage ciblant la stabilisation optique.

 

 

Objectif

Comme souvent sur les appareils haut de gamme de Nokia, l’optique est signée Carl Zeiss. Constituée de 5 éléments, elle propose une ouverture de f/2.0. Seuls le Nokia Lumia 720 et le Lenovo K900, annoncés lors du MWC13, se permettent de faire mieux avec respectivement f/1.9 et f/1.8. C’est un très bon résultat  pour un smartphone car la luminosité de l’optique est primordiale en photographie.

Pour illustrer son importance il faut savoir qu’entre une optique qui dispose d’une ouverture de f/2 et une de f/2,8 la quantité de lumière transmise est divisée par 2… C’est un peu comme si vous deviez observer le monde par le trou d’une serrure. Plus ce trou sera grand, meilleure sera votre perception du monde.

  • Piqué : en apparence il est correct au centre et baisse de façon importante en périphérie. Il est difficile de savoir si le problème est lié à la qualité de l’optique ou à la stabilisation barrel shift, qui peut avoir pour conséquence de flouter les bords de l’image,
  • Vignettage : ce phénomène de baisse de luminosité dans les coins d’un objectif est ici rare. Rien de gênant en pratique,
  • Diffraction : je n’ai pas rencontré pendant mon test de circonstances révélant l’atteinte de la limite de diffraction de l’optique. Ce défaut apparaît en général lorsqu’on travaille avec de petites ouvertures (F16 et plus), le 920 semble ici avantagé par son importante ouverture fixe,
  • Déformations : l’objectif donne des vues assez naturelles, sans déformation particulières visibles à l’œil nu,
  • Aberrations chromatiques : l’objectif ne semble pas être propice à la formation de franges colorées, même dans les scènes à forte luminosité,
  • Aberrations optiques : point intéressant, lors du test le 920 s’est montré exempt de « lens flare«  (facteur de flare en bon françois) qui se présentent sous la forme de halos colorés dont les teintes oscillent principalement entre le rosé et le violacé. Ils sont provoqués par la lumière qui vient malencontreusement « rebondir » entre les différentes lentilles de l’objectif.

 

Mise au point et exposition (AE/AF)

Nous l’avons vu plus haut, le déclencheur physique qui équipe le Nokia est à 2 étages. En théorie c’est une fonctionnalité très pratique pour verrouiller la mise au point et l’exposition sur une zone spécifique d’une scène. Ceci va notamment vous aider lorsque vous cherchez à photographier une scène  contrastée : forcer le verrouillage de l’exposition sur la partie qui vous intéresse va augmenter vos chances d’obtenir un cliché exploitable. Malheureusement le 920 ne verrouille que la mise au point. Le calcul de l’exposition est global et continu. Vous pourrez donc faire la mise au point sur un sujet décentré puis composer votre photo comme vous le souhaiter avant de déclencher, mais l’exposition sera faite au dernier moment. Dommage.

 

Les matchs : Nokia Lumia 920 vs. HTC One X, Apple iPhone 5 & Nokia 808 PureView

En photographie

Face au HTC One X

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Macro – Cette comparaison donne l’impression que l’image du 920 est voilée, comme si le focus était mal réalisé. La conséquence ne se fait pas attendre, l’image produite est bien moins riche en détails. Les texture  des pierres sont quasi absentes, les gouttes d’eau perdent en galbe, beaucoup d’aplats de couleurs se forment. C’est le signe de traitements un peu trop agressifs, la compression JPEG est peut-être à blâmer. Le Lumia se rattrape ici avec une dynamique qui semble très légèrement supérieure (notamment visible sur les caillous les plus éclairés) et, bien que son cliché soit au final moins séduisant, sa balance des blancs est la meilleure.

 

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Scène contrastée - L’image délivrée par le Windows Phone est plus agréable, la balance des blancs est à son avantage. L’histoire se répète, son image est moins précise, comme trouble. Le One X se montre bien plus à l’aise pour représenter les pierres et leurs joints, le 920 donne l’impression d’avoir utilisé une gomme sur son image. Cependant, le terminal Android semble exagérer les traitements. C’est assez visible sur la zone de transition entre le ciel et le bord de la tour. Cette zone fortement contrastée présente un halo blanc qui crée une ligne continue entre la tour et le ciel. Sur cette portion le Lumia n’est pas forcément plus agréable à regarder mais au moins il ne génère pas d’artefact aussi visible. Sa dynamique prend à nouveau l’avantage, les nuages conservent de fines variations de couleur, là où le One X surexpose.

 

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Scène ensoleillée, centre de l’optique - Pas de surprises, les défauts identifiés sur les précédents clichés sont à nouveau là. L’un des intérêts de ce cliché est de mettre en évidence à quel point le One X accentue. C’est une des raisons qui lui permette de donner une image dont l’apparence est bien plus nette. Il est possible d’approcher ce rendu en post-traitant l’image du Lumia (restauration du focus). Sur ce cliché le One X présente beaucoup de bruit (carrosserie de la Prius, vitre du Touran, ciel), le 920 en est exempt. Sur ce cliché les couleurs capturées par le Nokia sont saturées (feux des véhicules, emballage des pots des sapins), l’HTC se montre plus réaliste.

Victoire One X.

 

Face à l’Apple iPhone 5

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Scène voilée – Aucun appareil ne réussit la balance des blancs. Celle du 920 est trop froide, celle de l’iphone 5 trop chaude. Une constante : les deux sont caricaturales. Globalement le 920 est plus proche de la réalité, alors que le rendu chaud de l’iPhone se montre le plus agréable. Il fait plus naturel, alors que le Lumia donne l’impression d’avoir sous-exposé et désagréablement bleuté son cliché. Si au centre de l’image les niveaux de détails sont proches, le Nokia se montre vite dépassé. Ainsi les branchages et la texture du bitume capturés par l’américain sont beaucoup plus denses et naturels, l’image sauvegarde plus de micro-détails. Les reflets sur le chapeau du lampadaire sont conservés alors que le Lumia en écrase le volume.

 

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Scènes voilées, détails – La signature colorimétrique chaude de l’iPhone est retrouvée. Cependant ici les couleurs reproduites par le 920 dans les teintes vertes sont un peu plus saturées, l’exposition est également ratée. D’ailleurs, lorsque nous nous intéressons de près à l’herbe, le Nokia donne l’impression de faire de la peinture plus que de la photographie. De nombreux aplats de couleurs sont présents alors que l’iPhone réussi à conserver de la subtilité, de la séparation entre les brins d’herbe.

S’il n’était pas signé Zeiss je serai tenté de dire que l’objectif du Lumia est passable, qu’il présente un piqué peu homogène (en chute libre en périphérie de lentilles). Or, pour avoir testé plusieurs haut de gamme Nokia équipé par Carl Zeiss, je sais qu’un tel état de fait serait une première. Si le lissage utilisé pour traiter le bruit du capteur est assurément en cause, il semble que la solution de stabilisation ait aussi un impact préjudiciable à la qualité de rendu. C’est l’explication la plus logique aux variations de piqué.

Victoire iPhone 5.

 

Face au Nokia 808 PureView

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Scène en contre jour - De nouveau l’image produite par le 920 est chiche en détails. Il est ainsi difficile d’y distinguer les différents morceaux des antennes alors que le cliché du 808 permet de compter le nombre de rivets sur les poutres métalliques… Elle est en outre légèrement bruitée et le zones contrastées subissent les attaques d’artefacts : nous sommes très proche de voir nettement apparaitre des franges colorées. Enfin le grain du ciel n’est pas des plus élégants. Encore une fois, bien que globalement agréable le rendu du 920 laisse sur sa faim.

 

Cliché de nuit : le Lumia 920 face au 808 PureView.

Cliché de nuit : le Lumia 920 face au 808 PureView.

Scène nocturne - Le Lumia se montre incapable de conserver l’ambiance naturelle de la scène, il produit un cliché sur-éclairé. De ce fait plusieurs zones sont surexposées et la restitution des projections sur la pierre manque de finesse. Nous retrouvons cette impression de peinture, où la photo est constituée de petites touches de couleur. En comparaison le cliché du 808 fourmille de détails. Il est aussi beaucoup moins bruité. Précis et détaillé.

Victoire Nokia 808 PureView.

 

Bilan photo

N8 & 808 vs. 920 - Evolution ?

Le gain apporté par la stabilisation n’est pas convaincant en journée. Ce n’est pas une surprise, lorsque l’éclairage est suffisant il n’y a aucun intérêt à pouvoir augmenter le temps de pause. Pire, il semble que la stabilisation vienne flouter les bords des image, qui deviennent « molles ». S’il est impossible d’être définitif dans ce jugement (la stabilisation n’est pas débrayable par l’utilisateur), nous en venons à regretter qu’elle ne se désactive automatiquement pour les pauses inférieures au 1/30s.

Il est nécessaire d’évoquer ici que la stabilisation n’apporte pas un gain universel (quel que soit l’appareil photo considéré). Nous avons tous des façons différentes de bouger, trembloter et nous sommes tous plus ou moins adroit à stabiliser nous-mêmes un appareil photo. L’efficacité de la stabilisation est en conséquence variable suivant la situation, le sujet et son humeur. Entre 2 clichés stabilisés, pris par la même personne à quelques secondes d’intervalles les résultats obtenus peuvent être très sensiblement différents.

Observés « de loin » les résultats délivrés par le finlandais sont souvent agréables. De près la sensation change, l’image comporte beaucoup trop d’aplats de couleurs. En un sens, le Lumia 920 suit à la lettre les codes esthétiques de l’impressionnisme. C’est un choix fort, respectable, admirable même. Mais on s’éloigne alors de la photo :) Ne vous méprenez pas sur ces propos, le finlandais n’est pas seul. Une (trop) forte proportion des smartphones et un nombre (bien trop) important d’appareils photographiques dédiés sont aussi coupables de ce choix artistique. Certains sont probablement même en ce moment au fond de votre poche…

Duel au sommet.

De nuit la stabilisation est un avantage réel. Les temps de pause long ne sont pas floutés par les mouvements du photographe, c’est un vrai progrès. Le Lumia 920 veut simplement trop en faire. A vouloir démontrer ses capacités à tout prix, il abuse des longues pauses et n’hésite pas de surcroît à monter dans les ISO. Cette volonté désespérée d’être le premier de la classe lui nuit (sic). Les résultats sont bien trop lumineux, éloignés de ce que l’œil humain perçoit sur le terrain. Cela peut plaire, mais il est fort dommage de ne pas avoir un second paramétrage, plus réaliste, disponible.

Enfin de jour comme de nuit le capteur est sujet au bruit. Nokia doit alors traiter les images pour l’atténuer, c’est une des causes de la disparition des détails et de l’apparition des aplats, dont nous nous plaignons. Paradoxalement les traitements réalisés sont trop importants pour que l’on puisse dire sans condition que la stabilisation apporte un différence substantielle face aux appareils concurrents, bien qu’en même temps ils ne soient pas agressifs, pas désagréables. Les photographies capturées sont toujours généralement plaisantes à regarder.

 

Mise à jour « PR1.1 » : depuis sa sortie la partie photo/vidéo du 920 a été bichonnée, elle a eu droit à plusieurs mises à jour. Ce suivi est un excellent point pour Nokia. Si la qualité des clichés s’améliore effectivement, la plupart des défauts cités ici perdurent (non homogénéité du piqué de l’image en tête), sous une forme atténuée. Ce qui est déjà un progrès.

Si vous avez lu ce test depuis le début, vous aussi en connaissez la raison. Ces images molles, ce soucis de « netteté », de conservation des détails est en partie matériel. Il semble que ce soit une conséquence de la solution de stabilisation « barrel shift » utilisée par Nokia. En conséquence, les mises à jour qui optimisent les algorithmes et les traitements faits sur les images ne peuvent en traiter pleinement la cause réelle. Il faut pour cela reparamétrer la façon dont agit la stabilisation. Et même en PR1.1 la perfection n’a pas encore été atteinte.

Malheureusement ces mises à jour sont arrivées plusieurs semaines après le départ du Lumia 920 de mon bureau.

 

En vidéo

Face au Nokia 808 PureView

Rich Recording

Les capacités d’enregistrement audio du Lumia n’ont pas été très médiatisées par la firme finlandaise et c’est dommage. Car bien qu’il ne dispose pas officiellement du label Rich Recording il est équipé des mêmes micros que nous avons découverts sur le 808 PureView, la référence actuelle pour la captation sonore. Une seule différence, de taille, l’enregistrement est ici monaural. En voici une comparaison :

Image de prévisualisation YouTube

Séquence capturée avec le Lumia 920.

Image de prévisualisation YouTube

Séquence capturée avec le 808 PureView.

L’enregistrement audio réalisé par le Lumia 920 est très bon. Son défaut principal est évident, la scène sonore est très étriquée. Elle manque d’espace, d’aération entre les instruments. La conséquence direct du son mono. En comparaison l’enregistrement réalisé par le 808 apparaît bien plus brillant, ciselé. C’est principalement un effet placebo dû à sa capacité à travailler en stéréo. Il suffit de convertir la piste stéréo du 808 en mono pour s’en convaincre.

Si la restitution haut du spectre sonore est en faveur du terminal Symbian, le bas est le domaine du Windows Phone. Son son monaural lui confère un avantage : une plus grande facilité à conserver l’impact des graves. C’est assez net dans cet extrait où la batterie, instrument qui tient une place prépondérante, est en retrait avec le 808 et très vivante avec le 920.

Pour la partie audio Nokia a fait confiance au codec AAC-LC, 96 kbit/s CBR, monaural, échantillonnage à 44,1kHz. Le débit pourrait paraître un peu juste mais il n’y a ici qu’un seul canal audio à encoder, mono oblige. En revanche l’usage un débit binaire constant est surprenant. Concrètement l’encodeur utilisera 96 kbits pour décrire chaque seconde, indépendamment de la complexité du message audio. Il existe plus efficient. Vu la qualité matérielle du smartphone et les performances de son microphone, un débit variable (VBR) aurait été à mon sens plus à la hauteur. Avec ce paramétrage le codec adapte automatiquement et en quasi toute liberté le débit à utiliser pour enregistrer chaque passage.

 

Qualité vidéo de nuit

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Le rendu des 2 vidéos est assez agréable. La première surprise est qu’ici l’image du 808 est plus lumineuse que celle du 920. Cela peut surprendre, mais en vidéo la stabilisation du 920 ne peut lui permettre d’augmenter le temps de pause. 30 images sont à fournir à chaque seconde et il n’est pas souhaité d’y déroger… De l’autre côté, le capteur géant du 808 utilise ici des photosites logiques de plus de 5,6 µm.

Une bonne partie des détails derrière la grille de la vitrine sont brûlés  surexposés par le 808. Pour autant il est impossible d’affirmer que la dynamique du 920 est ici supérieure à celle du 808, car la situation s’inverse dans les ombres. Les visages, les blousons, la lampe tempête en-dessous du « AL de « General Store » sont clairement bouchés par le 920 alors que le 808 réussit à y préserver des détails.

Justement, parlons-en des détails. C’est la seconde surprise. En vidéo le 920 conserve beaucoup de détails, il est ici très proche du 808. Il est impossible de les départager objectivement. Le 920 conserve plus de détails dans les zones les plus éclairées (exemple, le chapiteau à droite du spot central), le 808 dans les zones les plus sombres (exemple, la cordelette orange de la capuche du trompettiste).

Finalement, le domaine où le Symbian prend l’avantage sans équivoque est la gestion du bruit. PureView phase 1 se montre plus agile à le contrôler, à tel point qu’il est difficile d’en trouver trace sur l’image. A côté, la vidéo du Windows Phone comporte beaucoup de bruit chromatique.

 

Stabilisation

Le résultat est excellent. La stabilité est exemplaire. A main levée, statique ou en marchant, les résultats sont exceptionnels. Les vidéos sont plus facilement regardables, les tremblements et secousses sont bien atténués. Les 2 vidéos de l’orchestre de rue que nous avons étudiés ensemble en sont un excellent exemple. Seul le Lumia parvient à conserver un champ quasi constant, sans secousse.

Second exemple, un test un peu plus difficile, réalisé à vélo. Les deux appareils sont fixés sur le cintre :

Image de prévisualisation YouTube

Séquence capturée avec le 808 PureView.

Image de prévisualisation YouTube

Séquence capturée avec le Lumia 920.

Nous voyons ici que le centre de l’image est souvent plus stable que ses bords. Les coupables sont connus. Le capteur CMOS est sensible au rolling shutter. C’est aussi la signature du procédé de stabilisation « barrel shift ». La même chose se produit lors de la prise d’une photo, un phénomène qui provoque la perte de netteté sur les bords des photos du Lumia. L’autofocus « continu » donne l’impression de venir légèrement perturber la stabilisation. Ce n’est pas étrange, tous deux cherchent à faire légèrement bouger l’objectif.

 

GoPro style

A la vue des résultats de la stabilisation en conditions normales d’utilisation, nous sommes allés un peu plus loin. Cela fait maintenant quelques années que les caméras sportives rencontrent un succès croissant. Dans ces conditions extrêmes, les vidéos rapportées sont souvent un peu chaotiques. Quelle bénéfices la stabilisation PureView peut-elle apporter sur ce terrain ?  Nous repartons à vélo, ici dans une situation un peu plus dynamique qui va impliquer quelques (petits) franchissements :

Image de prévisualisation YouTube

Séquence capturée avec le Lumia 920 (NOTE : DON’T TRY THIS AT HOME) .

Ce résultat nous permet de constater que la stabilisation arrive souvent en bout de course. A ce moment là les mouvements de l’image redeviennent chaotiques, à l’image de ce que subit l’appareil. Cette séquence tient plus du test de torture que de la paisible review. La stabilisation du 920 ne semble pas avoir été conçue pour amortir ce genre de chocs. Ils sont bien plus amples et brutaux que les mouvements d’une main lors de la marche. Ce n’est pas une surprise. Je ne peux que trop conseiller aux possesseurs de ce smartphone d’éviter ce genre d’expérience. La mécanique pourrait ne pas apprécier une séance prolongée, la fiabilité du système pourrait être impactée.

 

Bilan vidéo

Au niveau de l’encodage vidéo le Lumia 920 fait dans le qualitatif et l’efficace. C’est le codec H.264 qui est ici employé, dans une version High Profile Level 4 (MPEG4-AVC1 High@L4.0) 20Mbit/s VBR. Le support d’un profil « High Profile » implique ici l’utilisation de l’efficient algorithme CABAC, un gage de qualité. C’est grâce à cet algorithme que le débit binaire qui peut paraître faible (20 Mbit/s), est en réalité un très bon choix. Cette combinaison promet un excellent ratio « taille de fichier/qualité », point renforcé par l’utilisation d’un débit variable.

Et effectivement lorsque l’on analyse les résultats fournis l’excellence est proche. Les vidéos, au contraire des photos, contiennent beaucoup de détails et la stabilisation y fait des merveilles. Enfin, avec des capacités d’enregistrement sonore de haut niveau la fête est complète. Un must. Seule la balance des blancs, qui peut se montrer instable, vient tempérer ce tableau.

 

Conseils d’utilisations
  • Ne pas hésiter à baisser d’au moins 1/3 ou de 2/3EV l’exposition pour les scènes sombres. Cela peut paraitre contre productif, mais le 920 exagère très largement la luminosité des clichés nocturnes. Corriger à la baisse l’exposition évitera de produire des clichés à l’ambiance surnaturelle,
  • Ne pas hésiter à forcer de basse valeurs ISO, pour vraiment profiter de la stabilisation et de l’augmentation du temps de pause que va produire le mode Nuit.
  • Ne pas hésiter à utiliser une application tierce pour la photo et la vidéo telles que ProShot (je n’ai pas eu l’occasion de la tester mais sur le papier elle a l’air intéressante et surtout elle dispose d’une version d’essai).
  • Utiliser le réglage d’exposition manuel pour combler l’absence de verrouillage de l’exposition.

 

Points forts
  • Excellents résultats en vidéo,
  • Grand angle en vidéo (26mm),
  • Capteur supportant à plein format les ratios 4:3 et 16:9,
  • Très bonne capture sonore (bien que monaurale),
  • Impressionnante capacité à capter de la lumière dans les environnements peu éclairés.

 

Points à améliorer
  • Perte de détails importante en photo,
  • Résultats souvent surnaturels en photo de nuit,
  • Faible homogénéité du piqué de l’image (la solution technique de stabilisation utilisée est en partie en cause),
  • Stabilisation optique non désactivable (ce qui peut gêner sur trépied ou en travelling/filé),
  • Faible dynamique du capteur,
  • Pas de verrouillage de l’exposition lors de la mise au point,
  • Pas de focus manuel en vidéo,
  • Absence du zoom sans perte « à la Nokia » en vidéo,
  • Pas de HDR ou de bracketing,
  • Pas de détection des visages,
  • Paramètres offerts par l’application native limités (manquent à l’appel : focus, retardateur, bracketing, résolution, compression, saturation, netteté, contraste, etc) et en régression face à Windows Phone 7,
  • Ergonomie peu fonctionnelle de l’application native photo/vidéo,
  • Pas d’accroche dragonne,
  • Archaïque gestion des profils sonores.

 

Galeries

Voici une sélection des meilleurs clichés réalisés pour cette review :

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En complément, le best-of de la Fêtes des Lumières 2012, que nous avions partagé avec vous via un article spécial :

Cliquez sur l'image pour accéder à la galerie.

 

Toutes ces images vous sont gracieusement fournies pour analyse afin de compléter cet article. Merci de ne pas les reproduire sur quelques médias que ce soit (presse, site, toast…) sans autorisation expresse préalable.

 

Conclusion

A qui est destiné ce smartphone ?

  • A ceux qui vivent la nuit ou souhaitent rapporter des souvenirs exploitables de leur vie nocturne sans s’encombrer de flashs déportés, de parapluie photo et d’une équipe de tournage dédiée,
  • A ceux qui recherchent la simplicité et souhaitent prendre de bonnes photos sans être condamnés à paramétrer aux petits oignons leur appareil.

 

A qui n’est pas destiné ce smartphone ?

  • A l’amatrice éprise de réglages et intransigeante sur la qualité d’image,
  • A l’amateur épris de réglages et intransigeant sur la qualité d’image.

 

Bilan

Si le 808 PureView a merveilleusement réussi à s’extirper de son cocon de smartphone pour venir jouer dans la cour des grands, en profitant même pour distribuer quelques claques bien senties à nombre de poids lourds photographiques au passage, le 920 ne peut prétendre au même pedigree.

En l’état il mérite plus l’appellation PureView pour l’idée derrière la stabilisation optique (qui est une innovation à saluer) que pour le résultat obtenu. C’est d’ailleurs objectivement un appareil rempli d’idées innovantes (recharge Qi, PureMotion, …). Seulement en photographie nous sommes ici loin d’observer une suprématie qualitative indiscutable, la stabilisation ici retenue n’apporte pas que des avantages. C’est un smartphone doté d’un appareil photo très correct, mais il ne s’avère pas (encore ?) la révolution attendue. En tout cas pas avec le firmware testé. Et c’est dommage, car aujourd’hui d’autres smartphones proposent eux aussi des clichés « corrects ».

Son véritable terrain de jeu est nocturne. Plus que nul autre il vous délivrera des images utilisables dans les conditions les plus sombres. Si vous n’êtes pas trop attaché au côté « naturel » d’un cliché, c’est tout simplement le meilleur smartphone actuel pour immortaliser vos sorties et soirées nocturnes. Toutefois si pour vous votre smartphone remplace avant tout un appareil photo, méfiance. La référence est bien finlandaise, mais c’est Symbian qui l’anime…

En vidéo le résultat est excellent, la stabilisation s’y avère remarquable. Ici aucune discussion possible, le Lumia 920 est une nouvelle référence. Il domine les meilleurs smartphones du moment et propose un rendu audio et vidéo très agréable.

Comme photophone le Lumia 920 n’est donc pas la référence attendue. C’est un appareil orienté vers la simplicité et la rapidité du résultat, parfois au détriment de sa qualité. Il est impossible de ne pas regretter que ce terminal haut de gamme ne soit pas plus intransigeant sur la qualité photo, point fort naturel de Nokia. Mais ne soyons pas réducteurs. C’est un excellent vidéophone et c’est avant-tout un excellent smartphone, noté 15.1/20 dans la session de test traditionnelle de Test-Mobile réalisée par Axel. Sa consultation vous permettra de découvrir cet aspect de l’appareil.

C’est sans aucune originalité que nous annonçons notre impatience d’une rencontre entre les 2 itérations de la technologie PureView. Ne rêvons pas trop, ce ne sera pas l’héritier direct du 808 et du 920. L’espoir de voir le capteur et l’objectif du 808, stabilisés au sein d’un futur Lumia parait faible, une telle solution aurait de forts impacts sur la ligne de l’appareil. Son capteur aura probablement des caractéristiques moins extrêmes.

@fneuf

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