Le Sony Xperia S passe sous Ice Cream Sandwich : revue de détail


Par Kevin,
 Le 13/07/12

Il y a de cela trois mois, Axel nous présentait en profondeur le Sony Xperia S, le téléphone haut-de-gamme de la série Sony NXT. Avec un nouveau design, des gimmicks esthétiques aisément identifiables, le Xperia S est un mobile séduisant, aux courbes réussies. Son écran LCD Bravia Engine de 4,3 pouces, à la résolution de 1280 pixels par 720, offre un rendu très fidèle des couleurs, distille un affichage extrêmement fin : en effet, le Xperia S détient la meilleure densité de pixels du marché. Cependant, ce nouveau mobile n’est pas exempt de défauts : des soucis de production – écran qui jaunit à certains seuils thermiques -, une batterie scellée et l’absence de possibilité d’extension de mémoire sont les principaux griefs que nous pouvons retenir.

Mais je ne suis pas là pour vous parler du matériel, Axel en a brillamment fait le tour. En effet, le gros point noir du téléphone concerne le logiciel : livré sur Gingerbread 2.3.7, Sony avait promis une mise-à-jour vers Android Ice Cream Sandwich 4.0.4. Chose promise, chose dûe : l’update, installable par le PC Companion, a atterri sur nos appareils. Il aura fallu attendre la fin du mois de juin. L’attente est-elle aujourd’hui récompensée ? Si oui, est-ce que cette mise à niveau permettra au Xperia S de réhausser son positionnement dans la jungle des hauts et très hauts-de-gamme ?

L’été, temps idéal pour passer au sandwich glacé

Après l’annonce d’Ice Cream Sandwich – le jour de la présentation du Galaxy Nexus -, nos petits coeurs mous d’utilisateurs avaient bondi : ce système renforçait toutes les bases que nous connaissions auparavant en y ajoutant une refonte graphique plus que bienvenue – merci monsieur Matias Duarte. Bien évidemment, les téléphones et tablettes pur Google furent les premiers à s’en voir doter, alors que tous les utilisateurs avertis trépignaient pour savoir quand leur téléphone, et plus largement le constructeur, allait intégrer cette itération majeure. Un multitâche plus efficace, un kernel tout neuf – performances et consommation fortement optimisées -, une barre de notification plus intelligente et omniprésente, un lockscreen revu : la liste des améliorations est longue comme le bras, mais comme le diable se cache dans les détails, les changements ne sont pas toujours visibles.

Sony – et feu Sony Ericsson – avait communiqué, de manière claire, sur l’adoption d’Android 4 sur ses smartphones : toute la gamme Xperia de 2011, du Arc au Kyno en passant par le Ray, connaîtra les joies du sandwich glacé. Bien mal en a pris au japonais, quelques mois plus tard, il annonçait que le Xperia Play n’aura pas le droit à sa mise-à-jour pour des causes d’instabilité dans les jeux, fonction pour lequel il est dédié. Quelle ne fut donc pas notre stupeur lorsque Sony présenta sa gamme NXT au Mobile World Congress de Barcelone : le renouveau esthétique évident fut immédiatement masqué par le statu quo logiciel. Malgré tous les artifices déployés par la surcouche maison, le coeur du système trahissait son origine. Un contraste encore plus saisissant quand HTC et Samsung par la suite communiquent sur leur nouveau flagship avec de l’ICS natif.

Comme à chaque jour suffit sa peine, nous avons attendu, plus ou moins sagement, que Sony se décide à pousser Android 4 sur son vaisseau amiral. Il semblait évident que le développement prenait du retard, le Xperia S donnant bien plus de fil à retordre aux équipes. A chaque fois que le doute et le désespoir (re)commençaient à poindre, les communicants de la marque apaisaient les angoisses. Rien ne fuitait, nous n’avions aucune indication de ce que nous récupérerions. Un fait assez rare de la part de Sony, coutumier de présenter quelques ROMs à des fins de tests. Alors vous n’imaginez pas le bonheur quand l’information circula à grande vitesse sur les Internets : Ice Cream Sandwich 4.0.4 frappait à la porte du Xperia S. Enfin !

 

La surcouche de Sony joue sur les détails

Maintenant que la sauce a bien pris, il est temps de rentrer dans les détails. Nous allons nous pencher sur les petits apports ergonomiques de la surcouche du constructeur, à la sauce Android 4. Une fois le ménage intégralement fait, pour offrir une partition la plus proche possible, le système démarre avec succès – encore heureux me direz-vous. Le framework ICS flatte bien mieux la rétine, tout est aisément paramétrable dès le lancement du téléphone, ceci étant commun à tout androphone. J’accorde une mention spéciale au paramétrage archi complet du clavier : vous pourrez choisir d’afficher le point ou la virgule sur la face alphabétique, d’utiliser la fonction Swipe – qui ne demande pas de changer de clavier à la volée -, de placer à votre convenance la saisie vocale et caetera. Les soucis ergonomiques du précédent clavier sont enfin gommés. A titre personnel, après avoir connu de nombreux claviers prédictifs, de type « trace » ou non, celui de Sony est un des tout meilleurs, le Swipe étant aussi pertinent que réellement confortable. Une fois les connectivités établies, les synchronisations configurées, l’écran s’illumine pour nos beaux yeux.

 

Le lockscreen

Commençons par la base de la base, l’étape obligée depuis l’adoption des écrans tactiles. L’écran de verrouillage serait absolument standard si nous étions encore sur du Gingerbread : l’heure et le slider double – déverrouillage et accès rapide à l’appareil photo – trônent, avec un léger air snobinard. Oubliez donc le nouveau geste de déverrouillage introduit par Honeycomb, il n’y a pas d’évolution chez Sony depuis le système précédent. Tout est une question d’affinité pour juger de la meilleure solution. La possibilité d’ajouter un texte personnel est bien sûr de la partie, l’opérateur et les alarmes s’affichent discrètement dans les angles supérieurs. Le véritable plus du lockscreen réside dans les sliders qui apparaissent en fonction des notifications : appels en absences, nouveaux messages et emails, rappels du calendrier ou notifications Facebook. Une simple glissade vers la droite vous oriente vers l’application concernée. Une idée simple qui fait mouche. Autre gros ajout, très attendu par la communauté : le contrôle de la musique : lors de la lecture, les commandes « précédent », « pause » et « suivant » masquent l’affichage de l’heure. Un swipe latéral vers la gauche permet de la consulter à nouveau. Dernières petites choses : la barre de notifications est accessible sans déverrouiller au préalable l’appareil – fonction introduite par ICS – et il est possible de choisir une image particulière pour le lockscreen, différente de celle de votre homescreen.

D’abord assez austère, le lockscreen dévoile toutes ses fonctions avancées en fonction de votre usage : musique et notifications viennent alimenter son utilité. Les autres possibilités sont bien présentes – reconnaissance faciale, schéma, mot de passe ou code PIN – malheureusement une sécurité un peu plus élevée ampute les fonctionnalités intelligentes du lockscreen basique.

 

Le bureau et la liste d’applications

Une fois cette étape accomplie avec brio, nous arrivons sur le bureau. Nous disposons de 5 écrans, sans aucune possibilité d’autre choix : ni plus, ni moins. Décevant. Un pinch-to-zoom n’affiche toujours pas une vue éloignée des 5 écrans, à la Sense, mais l’agrégation de tous les widgets accrochés aux écrans. Un grand fatras flottant pas vraiment pertinent, n’apporte rien d’un point de vue ergonomique. Si un appui sur un widget conduit à la page où il est situé, il faut être précis et l’opération ne permet pas de gagner du temps. Surtout avec la présence de 5 bureaux. Il est à noter que les lags existent toujours lors de certains défilements. Usant. A noter qu’un appui – court ou long – sur un espace vide du bureau fait apparaître une barre en haut de l’écran : un pinceau et un plus.

 

 

Le pinceau donne accès aux sept thèmes disponibles – de l’or tapageur au bleu pâle en passant par le très classique argent et moins banal rose – et au changement du fond d’écran. Le second symbole conduit à la page des widgets disponibles, totalement remaniées. Graphiquement très réussie, l’affichage de cette page souffre d’un temps de latence de deux ou trois bonnes secondes. Usant, encore une fois. Une mention spéciale, pour contraster, pour la qualité des widgets implantés par Sony : ils sont aussi beaux qu’utiles, bravo. Mais comme nous ne passons tout notre temps sur le bureau, accordons un oeil attentif au lieu central de notre vie applicative.

 

 

Vous l’aurez compris, nous allons parler du fameux app drawer, qu’on ne présente plus. Simple et efficace, le défilement est horizontal, comme sur l’ensemble des téléphones récents et d’autant plus sur ceux disposant de surcouches – une pensée émue au drawer « 3D » de Gingerbread pur. Deux petites icônes se partagent la barre supérieure : un groupe de cube et une flèche de tri. La première icône permet de distinguer instantanément les applications désinstallables, chose que vous pourrez accomplir en appuyant sur la croix rouge qui apparaît dès lors. L’autre icône est plus intéressante pour les maniaco-dépressifs du rangement – les névrosés comme moi. Quatre tris sont proposés : alphabétique, en fonction de la fréquence d’utilisation des applications ou de la « fraîcheur » de l’installation, sans oublier le sacro-saint tri personnalisé. Nous sommes sur Android, vous voulez du choix, Sony vous l’offre. Dernière indication : lorsque vous faites se chevaucher deux icônes d’application sur votre bureau, le dossier se crée de lui-même, comme le permet ICS de base. Toujours appréciable.

 

Sony a pensé un grand soin dans l’habillage de ces « lieux de vie » importants lors de l’utilisation de votre appareil préféré : c’est joli et facile à utiliser. On râle forcément devant les accrocs lors du défilement entre les écrans ainsi qu’à l’ouverture de la page des widgets, mais l’intelligence du drawer rattrape un peu le constat. Par contre, le plus gros WTF offert par Sony vient de la touche « Menu » qui est tout simplement désactivée sur le bureau et le drawer. Dites adieu à vos habitudes, prises avec tous les autres androphones. Et comme les habitudes sont bien tenaces, je sortirai volontiers le carton rouge, puisque les réglages ne sont tout simplement plus accessibles qu’à partir de la barre de notifications ou d’une icône sur le bureau. Le menu est sacrifié sur l’autel des doublons d’usage. Frustrant.

 

La barre de notifications

Véritable centre fonctionnel de notre androphone, la barre de notifications reste l’outil le plus utile et pragmatique d’Android, si bien qu’il est aisé de remarquer les gestes naturels d’un possesseur de HTC, Samsung ou encore Motorola – oui ça existe. Apple a fini par dupliquer le concept dans son propre système, en le nommant Notification Center, une appellation qui retranscrit très bien la philosophie de cette barre. Ici, la « notif’ barre » gagne tous les avantages introduits par Android 4 : swipe latéral des notifications, organisation plus intelligente, accès rapide aux réglages du téléphone… Sony y a enfin – et je souligne le « enfin » jusqu’à creuser un sillon sur ma dalle LED – adjoint les toggles du lecteur musical lors de l’écoute de sa bibliothèque. Par contre, encore une fois, pas l’ombre d’une barre de switchers – (dés)activation WiFi, Bluetooth, GPS, mode avion etc – rapides. Chacun a son avis sur la question, cependant je déplore cette absence qui oblige à installer des widgets dédiés sur un des écrans d’accueil.

 

Le tiroir des notifs évolue intelligemment grâce aux apports de Google. Sony a eu la présence d’esprit d’insérer le contrôle du lecteur musical dans cette barre, chose que je pouvais effectuer sur mon LG Optimus 2X sous Froyo – pour prendre l’exemple de la plus ancienne itération d’Android. Les switchers sont, eux, toujours jugés indésirables, obligeant à trouver une solution alternative. Constat mi-figue mi-raisin qui penche plus vers l’amertume tout de même.

 

Le multimédia

Il représente vraiment le coeur de l’offre de Sony et le japonais a mis le paquet pour son fleuron – en attendant le Ion et une hypothétique arrivée du Acro S en édition limitée. L’appareil photo Exmor R de 12 mégapixels bénéficie toujours autant de la présence du bouton physique. Du côté capture photo, à l’Est, rien de nouveau. L’interface est identique à celle présente auparavant, c’est épuré et efficace. La capture vidéo joue toujours sur ce même statu quo esthétique. Les fonctionnalités sont inchangées comme les mode Panorama à balayage classique ou 3D. Rien de plus qu’Axel n’aurait pas évoqué. C’est du côté de la consultation de contenus que Sony n’a pas chômé. Parce que nous menons une vie numérique palpitante et profondément intéressante, elle mérite les plus beaux écrins qui soient. Et force est de constater qu’avec les applications Album, Films et WALKMAN, Sony a placé la barre très haute.

Commençons par Album. Elle ne constitue pas de doublon avec l’application Galerie traditionnelle, elle est la galerie. A l’ouverture, le style semble assez proche de celle du Galaxy Nexus. Dans les faits, elle est totalement nouvelle, refondue sur des bases saines, afin d’ériger la meilleure des galeries photo qu’il m’ait été donné de visionner. Chose déstabilisante au premier abord : la bibliothèque n’est pas organisée par dossier, tout votre flux de photo se retrouve condensé au même endroit. Seul les mois de capture des photos et vidéos jouent le rôle de séparateur. La première photo du mois fait office de lettrine : elle prend deux lignes et deux colonnes. Un petit rien esthétique mais qui apporte un petit cachet à l’affichage. La principale caractéristique de cette galerie revue et corrigée : la prise en charge du pinch-to-zoom. Effet garanti auprès de n’importe qui. On peut passer d’une affichage de 8 colonnes d’images à une en un instant, avec un effet hélicoïdal lors du réarrangement de l’interface – la photo comme ADN de ce téléphone ? Tout ceci est bien dur à retranscrire, il faut le voir pour en tomber instantanément amoureux – Axel vous rembourse si vous êtes insatisfaits. L’application dispose de trois onglets : « images », « carte » et « en ligne ». Le premier correspond à votre flux, le second permet de visualiser sur une carte Google Maps vos photos géolocalisées – si vous avez cochés l’option, quant au dernier onglet, il regroupe vos albums Facebook et Picasa. C’est propre et fonctionnel, avec un supplément d’âme qu’on ne retrouve pas autre part.  

   

 

Continuons avec Films. La plupart des constructeurs adoptent dans leur surcouche une application dédiée à la lecture des vidéos. Sony ne déroge pas à la règle et propose une application léchée. Tous vos fichiers vidéo sont regroupés sur une vue globale. Un appui ouvre une page de détails. Une synchronisation avec Gracenote – un soft qui ne fonctionne jamais, encore moins sur un bootloader déverrouillé – permet de retrouver les informations du film sur lequel vous avez cliqué. Sachant que vous ne jouissez pas d’une réputation mondiale, votre court-métrage de vacances n’est pas indexé et Gracenote ne retrouve donc pas d’informations. Les voies de la célébrité sont impénétrables. Une fois la vidéo sélectionnée, elle se lance dans un petit lecteur à l’interface simplifiée à l’extrême : lecture/pause et la possibilité d’avancer dans le flux au travers de la barre de temps. Pour transformer votre smartphone en vraie vidéothèque, l’utilisation de MX Video Player et Mizuu reste très fortement recommandée par l’auteur.

 

 

Nous terminons cette section multimédia avec l’application WALKMAN qui reste inchangée par rapport au lecteur musical du Xperia S sous 2.3.7. Seul le célèbre nom s’invite sur les Xperia. Il est l’heure de réveiller les légendes du passé quand le navire traverse la tempête. L’interface est toujours aussi soignée, les possibilités de modulation de son sont nombreuses entre la technologie xLoud – spatialisation virtuelle – et l’égaliseur. Un très bon player donc, qui bénéficie aussi des apports d’Ice Cream Sandwich et notamment le support des fichiers sans perte Flac.

 

Le pari de Sony est réussi : les applications multimédia sont puissantes, réussies et ne ressemblent aucunement à ce que peux faire la concurrence. Une mention spéciale à Album qui est un bonheur à parcourir, en tirant parti des bonnes performances de l’appareil photo et encore plus de l’écran Bravia Engine qui améliore légèrement l’affichage. Lors de la rédaction, je me suis rappelé que j’avais un bémol à partager mais, d’une, je n’ai pas pu remettre la main dessus et de deux, cela aurait été bien futile devant les prouesses logicielles et graphiques dont nous gratifient les équipes de développement. Chapeau bas, c’est du tout bon.

 

Les utilitaires et autres applis

Sony continue ici aussi à distiller quelques applications supplémentaires, de son cru. La plupart existait sous Gingerbread mais le framework ICS a su sublimer certaines applications comme le groupement « Alarme et horloge ». Comme son nom l’indique, elle regroupe les alarmes, l’horloge mondiale – très pratique pour calculer les décalages horaires -, le chronomètre et la minuterie. Tout est sobre, très joli et l’UI atteint sa cible : simple et pratique. L’application « Appareils connectés » gère toujours les périphériques compatibles DLNA qui pourront interagir avec votre Xperia. Sony a choisi NeoReader pour flasher des codes barres et QRCodes – ça revient à la mode parait-il. J’ai été assez bluffé par la rapidité d’exécution du soft, un très bon point pour ceux qui ont recours à ce genre de pratique. Les core applications, comme les contact, le dialer ou encore les SMS sont, elles aussi, très bien pensées et on y navigue avec aisance. L’UI se met, là aussi, pleinement au service de l’utilisateur : les prises de tête sont exclues.

 

Le navigateur ne nécessite pas qu’on s’y attarde outre mesure, il est exactement le même que sur le Galaxy Nexus, il est bien plus performant que celui de Gingerbread et surtout, ne souffre plus des problèmes récurrents de gestion du cache. Les performances en navigation ne sont pas renversantes, les limites du processeur de 2011 sautent vite aux yeux. C’est dommage, parce que l’écran est excellent pour profiter d’une expérience web de qualité. On ne peut décidément pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Et je ne vous parle même pas de la crémière.

Les applications proposées par Sony vous apporteront satisfaction. Malheureusement il y a toujours autant d’applications qui polluent l’app drawer, qu’on aimerait bien brûler au premier regard. On vit avec, en cohabitation forcée avant que ça ne finisse devant les tribunaux, comme toujours. Cela dit, vous n’aurez plus aucune raison de louper la cuisson de vos pâtes ou de ne pas connaître votre temps au 200 mètres départ arrêté, alors que le chien du voisin cherche à vous mâchouiller la guibolle. Encore moins de se planter dans la conversion entre les heures des façades est et ouest des Etats-Unis avec celle de la capitale du Kazakhstan.  

 

Performances et autonomie : là où le bât blesse

Je parlais à l’instant des performances, c’est donc l’occasion de souligner les petites choses qui fâchent. Si la mise-à-jour a beaucoup apporté du côté logiciel, il subsiste encore de nombreux couacs dont il serait plus que temps de se débarrasser. Le Snapdragon S3 qui équipe le Xperia S est exactement le même que celui du HTC Sensation XE. Double-coeur, cadencé à 1,5GHz, il tire parti d’une architecture asynchrone, celle-ci devant représenter un gros plus lors de la décharge. Sauf que, malgré le passage sur le dernier kernel, le Sony Xperia S mouline méchamment sur de nombreux usages. Tellement que ça en deviendrait criminel alors qu’il s’agit un téléphone qui s’acquiert à plus de 400€ neuf. Entre les lags de défilement des bureaux, d’affichage de la page des widgets, de la sortie de la barre de notifications ouverte sur le lockscreen, je peux dire que je suis gâté. Comme je le disais au-dessus, la navigation en pâtit aussi. Je dirai que c’est dommageable sur un appareil placé en milieu-de-gamme. Ici c’est plutôt de l’ordre du déplorable. Pour poursuivre dans la loi des séries, le CPU, placé à gauche du capteur Exmor, a tendance à chauffer plus que de raison.

Le firmware ICS semble souffrir d’un autre souci assez contraignant : parfois le téléphone décroche du réseau ou se fige, coupant ainsi les débits download et upload. Il faut nécessairement passer par le mode avion ou, pire, par un reboot pour que le réseau soit à nouveau disponible et opérationnel. Fatigant. Très. L’instabilité semble également une des qualités de ce firmware. Le Xperia S collectionne les freezes complets comme sur un tableau de chasse. Et il semble animé d’une ardeur frénétique à le remplir aussi vite que possible. Pour en finir avec ce petit quart d’heure « mauvaises nouvelles », j’ai décidé de ne pas revenir sur les performances de la batterie, les reboots aléatoires n’aidant pas, d’une part, de l’autre, mon utilisation étant trop spécifique et lourde que la batterie sèche comme un poulpe qui croise dans le Sahel. Plus sérieusement, et toute figure de style gardée, l’autonomie est correcte, en étant sage je suis capable de tenir la journée entre le moment du réveil jusqu’au retour à la maison, soit entre 5h30 et 17h30. L’écran, le switch réseau entre EDGE et 3G et les synchronisations automatiques en nombre représentent l’essentiel de la consommation électrique. Tout ce qu’il y a de plus normal donc.

 

Conclusion

Cette petite review démarrait bien : Sony avait tenu ses promesses en passant son flagship – plus pour longtemps – sous Ice Cream Sandwich. Cette mise-à-jour m’a permis de redécouvrir mon téléphone, les applications embarquées étant pertinentes et bien foutues. Jusqu’au moment où le démon de l’instabilité jeta son dévolu sur moi, implacable et méthodique. J’espère vraiment que Sony est au fait des problèmes rencontrés par les autres utilisateurs qui sont coutumiers, comme moi-même, des retours expérience. En l’état, avoir un téléphone véritablement fonctionnel relève de la loterie. C’est aussi là le rôle de la minorité de pointer les défaillances et les erreurs. Présenté ainsi, imaginez-moi en tant que catharsis logicielle, une sorte de paratonnerre à soucis.

Pour répondre aux deux questions que j’énonçais en début de revue : l’attente a été récompensée avec une mise-à-jour bienvenue, apportant son lot de nouveau, suffisamment pour avoir l’impression de posséder un autre mobile. Est-ce qu’Ice Cream Sandwich peut remettre le Xperia S sur le segment du très haut-de-gamme ? Non, par la faute de son processeur qui souffre beaucoup trop. Je n’ai pas encore déterminé si le governer, qui gère le noyau, est complètement mal pensé ou si la gestion de la mémoire vive – 1 gigaoctet tout de même – n’est plus efficiente. Monsieur Sony, tu as du pain sur la planche pour redorer le blason de ton firmware, qui rouille à mesure que j’ajoute des mots.

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